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Petit gars au crâne rasé qui dénote forcément dans l’ambiance bourgeoise de l’hotel Costes où on a croisé son chemin, Isolée est de moins en moins isolé que ça. Jouissant (un bien grand mot, mais enfin) d’un buzz grandissant après, longtemps après même un single aux arpèges géniales, « Beau Mot Plage », suivi d’un album en demi teinte, « Rest », ce Frankfurter qui a passé son enfance en Algérie, est passé maître dans la rationalisation de sa musique au compte goutte. Et veut à tout prix montrer qu’il n’a que peu d’estime pour le dancefloor, ce qui est un rien irritant à la longue vu que c’est selon nous l’orientation de ses meilleurs tracks. Reste que Isolée a déjà montré de quoi il était capable, et qu’il faut garder un œil sur tout ce qui bouge (même si sa musique opaque et hypnotisante ne bouge pas beaucoup). Détournant l’objet promotionnel de cette interview, la promo de « Trip do Brasil 2 », lot de consolation sonyesque après qu’il se soit vu refuser un remix de Serge Gainsbourg, nous avons donc tenté de mettre à table ce musicien qui intériorise plus qu’il ne théorise. Un truc qu’on ne lui reprochera pas. Enfin, son prochain maxi est attendu sur Playhouse au printemps.
NB interview très courte mais la deuxième moitié est dans l’article sur Joe Claussell, puisque nous avons initié une rencontre entre eux. Pourquoi pas ?
Autant te le dire tout de suite, je préfère « Beau Mot Plage » à « Rest » !
Oui. Tu n’es pas le premier à me le dire ! Le fait de faire des lives (en France au Midem et au Cabaret Sauvage récemment) m’a amené à revenir à des sons club. Je suis conscient de mon rapport au dancefloor, mais je ne veux pas être limité. Je veux introduire dans la club musique ce qui m’intéresse.
Tu sais qu’on te présente sans cesse à coté de Markus Nikolai ou de Losoul. Ca t’inspire quoi ?
J’ai plus le sentiment que c’est chacun pour soi. Je vois pas trop cette école, j’entends ce que font les autres, et je vois pas trop le rapport dans la plupart des cas. Même avec les autres artistes de Playhouse. On me parle de house, mais je trouve le mot trop marqué par ses origines américaines. Ma musique c’est plutôt de la techno, c’est plus large.
Isolée, qu’est ce qu'il reste de ton disque ?
La signification en bon français de « Rest » ce serait résidu. Ma musique c’est un peu comme un résidu de pop music, par fragments. Faire apparaître, disparaître des choses dont on se rappelle parfois.
Revenons au live. Ca a l’air de te gêner de te produire dans des clubs finalement ?
Non, non. Disons qu’il y a des impératifs qu’il n’y aurait pas forcément dans d’autres circonstances. Il y a un vrai problème autour des lives électroniques. Parfois, je me dis qu’il faut absolument les faire danser pour ne pas qu’ils s’occupent de moi. Si c’est une salle où les gens s’asseoient c’est ça qui me gêne. Le live progresse un peu à chaque fois. J’ai huit pistes que j’actionne en direct, donc ça reste assez live.
Tes sources sonores sont uniquement synthétiques ?
Oui tout est fait avec les synthétiseurs et l’ordinateur. J’adore ces textures, les possibilités qu’elles t’offrent.
Tes morceaux ont un format chanson. Tu voudrais travailler avec des vocalistes ? Et de quel sexe ?
Ca me plairait de bosser avec un chanteur ou une chanteuse, mais pour modifier sa voix. Il faut trouver quelqu’un qui accepte de se prêter au jeu, et c’est déjà plus délicat à trouver. Je vais faire un remix d’Autour de Lucie, et peut être que je retoucherai un peu les voix.
Gregory Papin
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