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Lorsqu’ils sont en duo, Christian Prommer et Roland Appel, font une musique hybride adroite, drum & bass balisée ou mid tempo assaisonné de breaks, sous le nom de Fauna Flash. Normal pour d’anciens batteurs amateurs de jazz funk. Leur album « Fusion » paru dernièrement sur Compost explore toutes ces facettes mais manque parfois de détermination. En comparaison, c’est lorsqu’ils sont en combinaison avec Rainer Trüby pour le Trüby Trio (album attendu au début de l’été) ou avec Peter Kruder pour le projet Voom : Voom (deux maxis racés pour l’instant), qu’ils distillent le mieux leurs qualités de techniciens inspirés. Ayant vécu de l’intérieur l’essor du label et de la mondo music, dont les références dépassent de loin la new wave et l’electro funk des années 80 – suivez mon regard… -, il nous a semblé naturel de rencontrer ces cousins germains de Wsound.
Fauna Flash, c’est votre projet à vous, mais vous bossez aussi aux côtés de Rainer Trüby (Trüby Trio) et Peter Kruder (Voom : Voom). Mis à part ça qu’est ce qui différencie ces différentes appellations ?
C’est simple. On travaille en permanence sur Fauna Flash, alors qu’avec Rainer et Peter on est toujours limités par le temps. Ils viennent en studio pour quelques jours, et on doit souvent se dépêcher de terminer les morceaux.
Et musicalement ?
On aime changer de directions, comme on peut le constater sur « Fusion ». On est parti de la drum & bass, le premier style qu’on ait fabriqué avec Fauna Flash, mais sur l’album tu trouveras aussi bien du breakbeat à d’autres tempos. Rainer amène des samples en général, ou des idées, et avec Peter c’est plus au feeling.
On a l’impression que vous faites de la house en pensant faire de la drum & bass.
C’est un peu ça. Ce n’est ni le tempo, ni le son qui détermine pour nous la drum & bass. C’est une attitude dans la production, une manière de façonner les rythmiques et d’agencer les éléments. Les rythmes brésiliens et drum & bass sont très proches, ils se côtoient très bien. Il reste encore beaucoup de corrélations à explorer. On tient beaucoup à nos rythmiques : c’est ce que l’on fait en dernier. Et puis on ne s’empêche rien.
Vous revendiquez le côté sound designers (au vu de la pochette, ndr) ?
(grimace) Absolument pas. Cette photo a été prise au Brésil. Elle montre l’architecture très moderne d’un musée dans un pays que certains imaginent uniquement rempli de plages et de favellas ! Mais on ne veut pas rattacher notre musique à quelquechose de chic, au contraire.
Avez vous des connaissances encyclopédiques de studio ?
Pas tant que ça. On connaît bien nos machines parce qu’on passe beaucoup de temps dessus mais nous ne sommes pas des techniciens forcenés.
Quel regard portez vous sur la musique qui vend des millions ?
On regrette le temps où Prince était une pop star. C’est toujours plus gratifiant de voir qu’au moins un génie musical arrive à cartonner !
Il semblerait qu’il y ait quand même quelques personnes qui partagent la même longueur d’ondes, et votre ligne de conduite.
Oui. Et dans pas mal de pays tu trouves une micro scène très impliquée, ouverte au passé et au futur. Mais c’est une minorité qui se fait de plus en plus entendre ! Nous croyons au crossover.
Parfois, la bonne musique est trop complexe pour être accessible de tous. N’est ce pas un problème ?
Tu as raison de pointer cela. Il ne faut pas confondre bonne musique et musique inaccessible. D’un autre coté, faire la musique que tu aimes et que tes amis aiment peut suffire à rendre heureux. Quand on a fait « Cajarillo » avec Rainer, on avait cette idée en tête.
Ce morceau est effectivement insérable dans un set house.
C’était voulu.
Est ce que vous écoutez vos concitoyens producteurs techno minimaliste ?
On est pas tellement en contact avec la scène techno. On en entend par bribes, mais tu sais c’est dur d’être au courant de tout.
Vous écoutez parfois de la musique tout électronique, ou rarement ?
On en écoute, il n’y a aucun doute là dessus, parce qu’on n’est pas fermés. Mais on est un peu vieux pour être allés en rave, et même Kraftwerk n’est pas une influence super importante pour nous. On jouait dans des groupes avant, on est arrivés aux machines par facilité, si on peut dire.
Bon, c’est quoi vos projets de sortie ?
On n’a pas de date concernant l’album de Trüby Trio. On retrouve Rainer dès demain et on espère être prêt pour l’été. On fait un morceau exclusif pour la compilation Freezone. On a des remixes pour Hidden Agenda, Dzihan & Kamien et Forum, et un autre track sur la compilation Compost 100.
D’accord. C’est fini. Avez vous quelquechose à ajouter ?
Le terme « Fusion » est souvent galvaudé mais il a un vrai sens pour nous. Avec cet album, on a essayé de ne pas se cantonner à un segment de genre, et conserver une certaine harmonie dans l’ensemble en même temps. C’est parfois dur de ne rien laisser de côté. Et puis ce n’est pas un disque pour boire un café ou un apéritif. On ne fait pas de musique d’illustration, comme on l’entend parfois !
Gregory Papin
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