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Losoul est un de ces artistes emblématiques à être surgis d’Allemagne ces derniers mois. Une fois l’effet de mode dissipé, il était peut être temps d’approcher de plus près un musicien dont le premier album a fait sensation avec pourtant bien peu de choses. House minimale, serrée et bouillonnante à l’intérieur, la musique de son premier album « Belong », paru sur Playhouse, si elle ne renouvelle pas un genre en profondeur – et est-ce maintenant possible, ou juste souhaitable ? -, en fournit une définition satisfaisante sur le plan de la personnalité, et ce n’est déjà pas si mal. L’affaire a traîné pas mal de temps mais a abouti il y a quelques semaines avec la réception de ces réponses par mail. Interview relativement décousue, mais éclairage bienvenu sur la nature de la réunification allemande... avec le groove !
Quels jobs as tu fait avant de faire de la musique ?
Depuis que je suis sorti de l’école, j’ai travaillé dans des bureaux dans divers secteurs : économie, service. J’ai aussi fait un peu de manutention, juste pour gagner de l’argent. Ces jobs ne m’ont pas spécialement préparé à ce que je fais aujourd’hui mais j’en ai retiré une bonne expérience, surtout au niveau des relations avec les autres. Mon intérêt pour la musique remonte à quand j’avais une quinzaine d’années, et je pratique la musique depuis l’âge de dix sept ans. J’ai bossé à côté de la musique, avant de pouvoir en vivre.
Ton disque a quelques relents, pas passéistes, mais originels. Qu’est ce qu’il pouvait y avoir de mieux dans les premiers temps de la house selon toi ?
Quand la house était nouvelle, je crois qu’elle contenait plus de mythe. Cela peut d’ailleurs rester tant que la musique est bonne. De nos jours tout le monde connaît la house, et c’est devenu d’une certaine manière une forme basique qu’il faut sans cesse améliorer, en la combinant avec d’autres éléments par exemple. Ce qui n’a pas changé par contre, c’est cette intensité spéciale, et la mission de s’exprimer avec finalement peu de choses.
Mixes-tu tes tracks live ?
Oui, la plupart. Avant j’arrangeais plus ma musique, mais alors tu t’éloignes de ce que la house peut représenter, tu sais. Bon, forcément avec l’expérience tu arrives à construire et arranger tes morceaux d’un point de vue plus haut, mais il ne s’agit pas de reproduire ce que tu as fait auparavant, ou ce que tu as pu entendre d’autres gens. Parce que dans ce cas tu es en danger de perdre le contact avec ce que tu fais… et ce que tu es. La réflexion est importante mais elle peut prendre trop de place si tu prends de la bouteille (re-sic).
Quel est ton instrument de studio favori, et pour quelle raison ?
De la même manière que pour mes lives, j’aime beaucoup utilisé le studio440, qui a un son superbe et de bonnes performances en live. Dans le passé, j’ai travaillé avec du matériel classique, avec un set up comprenant de petits synthés, samplers, ou batterie, que je passais dans un rack d’effets avant de les éditer. Parfois je me sers plus de l’ordinateur. Quand tu mixes live, tu as besoin d’outils que tu connais très bien, et avec lesquels tu peux tenir la musique que tu fais avec tes mains.
Aimes-tu la gospel house ?
Oui, pas tout, mais quelques titres. C’est comme si quand on écoute du gospel ou de la gospel house, ça doit toucher ton âme. Ca doit te donner l’impression de communier avec la musique, mais j’aime quand ça le fait sans tomber dans le pathétique ou au contraire le surplus de béatitude. Et puis, dans ma conception des choses, c’est vrai pour n’importe quelle forme de musique ou d’art, ce n’est pas un domaine réservé au gospel.
Comment as-tu concoté le titre “Lies” ?
Plusieurs choses se sont passé en même temps, c’est un peu une histoire de coïncidences. D’abord j’avais le track cru, avec la ligne de synthés et le sample ‘back and forth’. Puis j’ai rencontré Malte, qui chantait déjà avec un dj que je connais bien. Et, chose importante, il était un des rares chanteurs / MCs qui étaient capables d’utiliser leur voix de façon mesurée. Tu sais comment beaucoup de MCs continuent de rapper ou toaster tout le long, sans trop se préoccuper de la musique qui se joue, et parfois, niquent ton truc. Donc j’aimais sa voix, son show, et surtout son intuition. Il avait chanté auparavant dans un groupe d’industriel. Je lui ai filé une cassette avec quelques-uns de mes sons dessus et on a commencé à travailler sur « Lies », qui rentrait parfaitement dans la musique qu’on jouait. Et le reste doit être bien connu de ceux qui lisent ces lignes.
Une question à laquelle tu t’attends peut être. Ca sort de tous les côtés en Allemagne, comment te situes-tu par rapport à tous ces artistes émergents que sont Needs, Markus Nikolai, Thomas Brinkmann ou Isolée ? Quelle est l’atmosphère générale ?
J’ai rencontré tous ceux que tu as nommé. Certains sont des amis, d’autres gardent leurs distances. Je tourne avec Isolée au Japon fin novembre, et j’aime beaucoup mixer aux côtés de Yannick de Needs. Bon on est tous différents mais il y a beaucoup de parallèles. On est amené à se côtoyer dans des soirées, on discute. On ne se prend pas trop la tête. Il n’y a aucune compétition dans la mesure où chacun fait vraiment son propre truc.
Tout autre chose. As-tu clearé le sample de « Billie Jean » ?
On en a parlé avec les gars de Playhouse, mais il y a tellement de choses samplées ou copiées autour de Michael Jackson, et il est tellement loin de ce que l’on peut faire, au niveau du marché et de la communauté que l’on touche. Ca ne le toucherait pas, même s’il finissait par entendre le morceau. C’est un hommage lo fi à ce qu’il a fait à cette période, samplé de manière tellement évidente, et je le répète lo fi, que personne ne peut parler de vol. Ce genre d’usage d’un échantillon n’est pas ma création. « Overland » est un hommage tragi comique, pour rire d’un œil et pleurer de l’autre.
As-tu un plan de carrière ? Et si possible peux tu nous le donner ?
En fait, travailler sur et autour de la musique que j’aime. Dans le passé, j’ai dit parfois que j’essaierai de combiner mon truc avec des choses plus ouvertes au public. Ca n’a pas changé mais maintenant je vois que ce que je fais n’est pas aussi éloigné de ce que fait tout le monde, comme j’ai pu le ressentir par moments. Alors rien que ça c’est déjà une forme de succès… Et puis de rencontrer des gens, voyager, même si malheureusement la plupart du temps je reste trop peu de temps à l’étranger pour vraiment percevoir des différences. Pour résumer, j’ai envie de faire de la musique dans plein de situations, et essayer de profiter un peu de ce qui se passe autour.
Quels sont tes projets ?
J’ai un disque qui sort sur le label deep house de DJ Sasse, un Finlandais, Mood Music, puis mon premier sur Ongaku records, le label techno de Playhouse. C’est une coproduction avec Sikora, qui a déjà sorti quelques maxis sur Klang. Et puis je m’apprête à refaire des trucs avec Malte, avec qui je me suis vraiment éclaté dans notre petite tournée. Et puis d’un autre côté je m’intéresse de plus en plus aux scènes où apparait la musique. Donc je travaille sur une sorte d’installation artistique d’un artiste de Francfort en réalisant la bande son. Et enfin je vais faire des bande sons pour des sites internet animés et interactifs. C’est très excitant, une mixture entre la musique de film et celle de jeu video. T’arrives à imaginer ?
Gregory Papin
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