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Son passeport est bien décoré : de la Slovénie (à l’Ambasada Gavioli nous rappelle sa bio) à la Winter Music Conference de Miami, de Hong Kong (le Bar City, tu connais ?) à Buenos Aires (au Morocco, le nom du club), en passant par Johannesburg (Disco Funk on te dit) et l’Europe occidentale – mais pas encore en Angleterre -, il a foulé quatre continents et n’en démord pas, plus actif derrière les platines que jamais. C’est un fait, Jef K, à 29 ans, est l’un de nos djs nationaux qui tournent le plus à l’étranger. Boss de deux labels prometteurs, Silver Network et FFWD, résident sur FG, un peu compositeur et auteur d’une myriade de compilations, dont « My House vol 5 », disponible ce mois ci, et la dernière Music Garden, « Watch Out ! », il s’est efforcé d’établir des connections internationales, dont tout un chacun ne peut pas se targuer. Alors que se dissipe le nuage de fumée qui accompagne son écoute enthousiaste des dernières nouveautés, il nous a accueilli le mois dernier dans ses locaux au centre de Paris pour une petite entrevue.
Expliques nous comment tu détermines les sorties sur chacun de tes deux labels. On dirait que Silver Network ne sort que des artistes internationaux.
En fait, la seule différence est dans le son. Silver est plus deep, house classique, et FFWD peut être un peu plus orienté dancefloor, où on essaie d’autres trucs.
Toi même tu produis de temps en temps.
Oui, j’aiu fait quelques remixes, des morceaux avec Cyril K de E-Troneek Funk. Mais j’y vais petit à petit.
Tu dois attacher beaucoup d’importance à la notion de réseau pour avoir baptisé ton label Silver Network.
Tout tient là dedans. Network, c’est le mot du millénaire. Où que je sois allé, San Fransisco, Singapour ou Johannesburg, j’ai trouvé des gens qui vivent comme nous, jouent la même musique. C’est loin mais c’est pareil.
Pourquoi as tu démarré ces labels ?
Le premier Silver, ça s’est passé pour sortir un disque que des potes avaient fait, Diz (dj de Chicago, plutôt fameux, ndr) et Joshua (aka Iz, ndr). Rasoul, je suis allé lui parler dans une soirée. C’est une histoire de rencontres finalement. Mais fauts e bouger le cul, sinon t’as rien. Mon frère m’aide à tout gérer, faut le dire.
Tu es un compilateur invétéré : combien en as tu fait jusqu’ici ?
7. J’en suis content parce que le tracklisting a été reconnu, ça a fait circuler mon nom. Chacune a son objet propre. Avec la série « My House », dont le volume cinq sort tout de suite, j’ai carte blanche. Je la conçois plus comme un archivage. Elles ne sont pas mixées. Une compil mixée, ça saoule les gens au bout de quelques mois, et puis il y a plus de contraintes qui tiennent au mix.
Qu’as tu retiré de tes nombreux voyages ?
D’abord, le fait d’aller à la source. Si t’es Américain et que tu aimes le vin, t’as plus intérêt à aller à Bordeaux qu’en Californie. C’est pareil avec la house : faut chercher le vrai son de là bas, et tu ne le trouves que sur place, surtout la manière dont les mecs mixent avec les gens. C’est incroyable à Chicago.
Un de nos informateurs nous a dit que tu étais fan de ragga à la base. Comment passe-t-on du ragga à la house ?
J’aimais le ragga pour la basse. J’écoutais Prince aussi. Ce que j’écoute en premier dans un track, c’est la basse. Si elle est nulle, j’écoute même pas le reste.
Comment ça s’est passé pour toi à tes débuts ?
J’habitais à Londres, en pleine période happy / progressive, et moi j’aimais les trucs garage, la house US. Et ça l’a fait direct dès que les gens ont changé de goût. Et puis, après, ça prend un peu de temps pour se faire connaître. Mais dans tous les domaines, c’est pareil.
Quel conseil donnerais tu aux jeunes djs ?
Avoir confiance en ses propres goûts, c’est l’essentiel. Ne jamais acheter un disque que tu n’aimes pas parce que tout le monde le fait. Faut apporter un truc spécial, et il n’y a que comme ça que c’est possible.
Quelles sont tes sorties prévues ?
La compilation « My House 5 » ce mois ci. On sort un Roy Davis Jr sur FFWD, et le Kemetic Just sur Silver est déjà dans les bacs. Je suis content parce que Kemetic Just était un projet nouveau, ils n’avaient rien sorti quand je les ai signé. Et depuis, ils ont sorti un truc chez Nite Grooves, preuve que je m’étais pas trompé. C’est important de donner une chance à des inconnus, je reste très attentif à ce que je reçois.
Question traditionnelle aux djs. S’il fallait retenir une soirée, une seule ?
Celle- là est dure ! Une soirée qui a eu lieu récemment, à San Fransisco. En fait, deux. Scuba d’abord, la soirée de Naked Music, pour la deepness, la classe, et toutes les jolies filles, et puis une soirée sur un bateau qui s’appelait Sunset, toujours à SF. La folie dans un bateau qui faisait le tour de la baie, passe à coté d’Alcatraz, sous le Golden Gate Bridge, et une atmosphère complètement incroyable. Et puis, il y a eu une soirée à Capetown en Afrique du Sud, hallucinant. Et puis Singapour aussi, Hong Kong, je sais plus en fait. Il y en a eu tellement.
Gregory Papin
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