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Encore connu d’un seul cercle d’initiés, Martin Iveson d’Atjazz a pourtant quelques arguments qui méritent d’être entendus. Il est en ce moment l’un des recordman de présence sur des compilations , on ne les compte plus entre D.I.Y, Naked Music, Guidance, Yellow Productions ou Compost. Il enchaîne également remix sur remix. La stratégie s’avère payante pour se faire remarquer. Avant cela il fut l’auteur d’un premier album sympathique, « That Something » sur D.I.Y justement, pas complètement abouti. Et puis il dirige son label, Mantis records, où il convie quelques jeunes producteurs de sa ville, Nottingham, et sur lequel paraîtra au début de l’année prochaine « Lab Funk » son nouvel album, dont le premier extrait « Harmony » fait déjà un très bon travail de persuasion. Avant de se produire à la soirée Yellow de la Fabrique du 22 septembre, nous lui avons posé quelques questions et ainsi découvert son ‘dayjob’ pour le moins farfelu : la musique du jeu Tomb Raider ! En faut, suite à des investigations plus poussées, nous nous sommes souvenus que Martin fut à la fin des années 80 l’un des meilleurs compositeurs sur Amiga, sous nom de code Nuke. Interview brute de décoffrage.
On a l’impression que tu faisais partie du posse D.I.Y Martin. On se trompe ?
Oui. J’aime bien traîner avec eux, mais je ne fais pas partie de la bande. Je vais te dire comment ça s’est passé. J’ai commencé à produire des disques en 94. J’achetais d’ailleurs pas mal de trip hop français à l’époque, j’étais plutôt dans ce délire là. J’ai lancé mon label à ce moment là, et les gars de D.I.Y, en écoutant un maxi, m’ont demandé d’enregistrer quelque chose pour eux. En parrallèle, je travaillais le jour pour un studio de jeux vidéo.
Tu faisais les bruitages ?
Oui, ainsi que la bande son. J’ai fait la musique de Tomb Raider, le jeu avec Lara Croft.
Mais tu dois être millionaire !
Pas vraiment. Les droits ne m’appartiennent pas. Je suis salarié de Core Design, la boite qui produit le jeu.
C’est assez ahurissant. Si tu fais ça toute la journée, les disques d’Atjazz doivent constituer une forme de récréation alors ?
Oui, ce serait plus un hobby. Je gagne de l’argent à côté donc je n’ai déjà pas cette pression là. La musique est pour moi une chose addictive, c’est à la fois un travail et un plaisir. J’ai un studio chez moi qui est l’exacte réplique de celui de Core Design, mais je ne peux pas enregistrer les albums d’ Atjazz en prenant sur mon temps de travail. Mais il ne faut pas croire que je ne prends pas le projet Atjazz au sérieux. Il n’y a pas les contraintes que tu peux rencontrer dans l’illustration d’un jeu vidéo.
On pensait que tu faisais beaucoup de remixes pour l’argent, mais on devait avoir tout faux.
C’est surtout que j’ai beaucoup de demandes. Mais tu as raison, les gens vont s’en fatiguer. Maintenant je n’accepte de remixer que les titres que j’aime vraiment.
Considères que tu as une empreinte sonore ?
Je suppose. J’essaye en tout cas.
Comment la définirais-tu ?
Très liquide, assez électronique, accessible mais pas bas de gamme. J’admire surtout les jazzmen. Ca fait con de le citer, mais Herbie Hancock, définitivement.
Tu fais de la house un peu sans en faire.
Oui, exactement. La house n’a pas un arôme spécifique, il y a trop de choses à y rajouter. Je crois que maintenant tu ne peux plus classer la plupart des artistes dans un genre établi.
As-tu le sentiment de faire partie d’un collectif d’artistes ?
Un peu. J’ai conscience que pas mal des gens qui m’entourent essayent de faire avancer l’electronique à l’aide de jazz et de funk. C’est le cas pour Laws of Motion, Estereo, Yellow, des gars comme IG Culture, Domu, Dego et d’autres. On se comprend, même sans beaucoup se côtoyer. J’aime entendre un beat original dans chaque track.
Parles nous de ton label Mantis.
Je veux bien.
Décris les signatures.
On a Brooks dans un style tech house assez minimal, dont on attend un EP pour novembre. Clive qui fait une sorte de dark house, très jazz, et bizarrement plutôt confortable. Et puis je vais signer des artistes français. Les projets Noisy Beach et Soundbasse, qui font du très bon downtempo.
Et profites en pour ton auto promo.
Le single « Harmony » sera en magasin début octobre, sur Mantis. Gilles Peterson adore, il y a un excellent retour. Mon deuxième album n’arrivera que l’année prochaine, probablement en février.
Donnes nous quelques indices.
Ce sera une musique bizarre de très haute qualité. Innovant et pas ennuyeux. Mon délire du moment, c’est l’Amérique du Sud. Quelques trucs qui pourront se jouer en club, ça fait toujours plaisir mais pour l’essentiel, ce sera breakbeat / mid tempo.
Il y aura du suspense, comme dans Tomb Raider ?
Je ne voudrais pas tout dévoiler dès maintenant.
Gregory Papin
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