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Leur premier véritable album, "The Noise Made By People", qui sort en mars après de longues années de gestation, interpelle par son originalité. Si les textures des sonorités, "traitées à l'ordinateur", comme le rappelle la chanteuse Trish Keenan, rappellent les errements électroniques pour lesquels est reconnu leur label, WARP, les structures des chansons, et même dans une moindre mesure leurs instrumentaux, sont empreints d'un classicisme saisissant. Braodcast pratique un mélange des genres déboussolant, qui nous a forcément plu. La chanteuse Trish Keenan répond à nos questions au milieu de ses cinq acolytes.
Le titre de votre album est-il une réaction à la principale attaque que l'on fait contre l'usage de l'électronique, à savoir qu'il déshumaniserait la musique ?
On peut le comprendre comme ça, je t'avouerai que je n'y avais pas pensé. Il n'y a pas de signification précise. C'est comme pour notre musique, on laisse tout à la libre interprétation de chacun.
Vous êtes le seul groupe pop "traditionnel" signé sur WARP. Pour quoi ce choix ?
C'est vrai qu'après nos premiers singles, nous avons reçu moult propositions, notamment de la part de majors. WARP n'étaient pas les plus riches, mais ils ont une intégrité irréprochable, séduisante par rapport à tous ces requins (sic), et ils ont montré un réel intérêt pour ce que nous faisions. WARP laisse ses artistes prendre le temps d'enregistrer, et faire ce qu'ils veulent. On adorait certains de leurs disques, comme Autechre ou Aphex Twin.
Peut-on qualifier votre musique de triste ?
Ce sentiment est loin d'être unanime. Ce que nous avons recherché par contre, c'était l'unité du son, une certaine consistance. C'est peut-être les rues brumeuses de Birmingham.
Vous êtes une formation de six musiciens qui utilisent un sampler : vous pensez que cette machine ouvre de nouveaux horizons sonores pour la pop music ?
Définitivement. Ce qui a de formidable et de vraiment démocratique avec le sampler, c'est que tu peux l'utiliser comme tu veux. Nous sommes très flexibles. Il nous arrive d'enregistrer des sons concrets ou juste de retravailler un son. La guitare nous fatigue.
Votre discours change aussi beaucoup de l'imagerie pop britannique, qui finit lentement mais sûrement par saouler beaucoup de gens.
Nous ne vouons pas de culte à la grande culture britannique, à son passé majestueux ou je ne sais quelle autre connerie. En fait, nous sommes vraiment entre deux scènes qui ne sont pas très liées, et je ne sais pas si nous plairons à l'une d'entre elles. Et puis on s'en fout.
Comment se passaient les compositions collectives ?
C'est difficile d'avoir une idée d'un morceau fini quand on le commence. Parfois on écrit une mélodie à la guitare acoustique, puis on transforme les sons à travers le sampler, voire même on finit par littéralement remplacer les parties jouées à la base par d'autres échantillons. D'autres fois, c'est autour d'un son que l'on aime que l'on écrit la chanson. Mais quelle que soit la manière, nous sommes toujours très lents à composer, et les titres se métamorphosent au fil des étapes. Chacun y met son grain de sel.
Comment faites-vous pour transposer la musique du disque sur scène ?
En live, on effeuille un peu notre musique. On ne conserve que l'essentiel. Nous ne voyons pas d'intérêt à chanter par-dessus un DAT, alors on sonne beaucoup plus comme un groupe à guitares, beaucoup plus bruyant que sur disque. Les éléments clefs restent, mais on met en avant l'énergie. Nous avons même écrit des morceaux uniquement joués en concert.
Quand aura-t-on l'occasion de les apprécier ?
On tourne en France en avril, je crois. Venez nombreux.
Gregory Papin
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