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Son deuxième album "TwentyFour7even" démontre cette habileté à créer la panique sur les pistes et il s'offre même le luxe d'excursions downtempo pour éviter une redondance un peu lassante à la longue. Dans un accent impossible qui laissera une bonne part de mystère à ses propos, il nous fait partager sa passion débordante pour la house et la techno, styles qu'il maîtrise et croise avec une facilité rare tout en nous parlant de sa ville natale, Glasgow, ou de ses récentes dépenses, sujet sur lequel il aime apparemment se répandre. Déterminé et perspicace, DJ Q amorce cette nouvelle année sur d’excellentes résolutions.
On reprend l'histoire du début : tu étais dj à Glasgow, comment en es-tu venu à sortir des disques ?
Je mixais déjà depuis 90 dans des bars et dans ma chambre, et j'ai réussi à me faire offrir un clavier et un ordinateur par ma grand-mère et ma sœur. Je ne suis pas musicien, et je n'en ai pas la prétention. C'est pour cette raison que j'ai invité un guitariste et un clavier taper les solos à ma place sur l'album. Ce que je sais en revanche c'est prendre quelques boucles et faire danser les gens. L'expérience de dj est un truc fondamental si tu fais de la house, et je crois qu'avec cette musique tous les djs en viennent tous naturellement à la production. C'est pas trop compliqué. En plus je suis plutôt du genre fonceur.
Tu as inclus des morceaux downtempo à l'album. Tu voulais montrer que tu es versatile ?
Je ne voulais rien prouver en particulier, mais je crois qu'il faut un équilibre entre les morceaux dancefloor, et les titres qui s'écoutent tranquillement chez soi, que j'ai placé plutôt à la fin du disque. Ca démarre fort et au fur et à mesure ça redescend. Mais les morceaux house couvrent beaucoup de différents flavours de la house auxquels j'ajoute des éléments techno.
Es-tu un adepte du minimalisme ?
Mes morceaux ne sont pas ceux de Robert Hood, mais c'est vrai qu'il est important de ne garder que quelques sons pour qu'ils aient plus d'impact. Quand tu regardes une piste de danse, tu te rends compte que les gens ne réagissent vraiment qu'à un bleep et au rythme, qui ont un pouvoir hypnotique. Alors il n'en faut pas plus. Il faut aussi laisser de l'espace pour que le dj puisse faire son travail.
Comment choisis-tu tes samples ?
Je sample surtout des disques de soul et des vieux disques techno de Detroit. Un bon sample fait un bon morceau. Parfois je prends aussi des échantillons de synthétiseur, mais c'est plus rare. Ce qui compte c'est de les rendre méconnaissables pour ne pas avoir à les payer.
Tu continues d'abreuver d'autres labels notamment Glasgow Underground et Go! Beat, en parallèle à tes activités de Filter. Pour quelles raisons ?
Pour garder toutes mes options ouvertes. Je n'ai le droit d'enregistrer sous le nom de DJ Q que pour Filter, mais je peux faire des remixes et signer les morceaux Paul Flynn ou simplement Q. Je suis à l'aise avec Filter. Ils me devaient récemment de l'argent, et ils m'ont acheté une table pour ma salle à manger. Une belle table, à 700 livres (soit grosso modo 7000 FF, ndr). Je préfère qu'ils me payent des trucs directement, parce que quand ils me le donnent, j'en perds une partie qui part à l'Etat à cause des taxes. Ce n'est pas vraiment une arnaque, ce serait plutôt du troc. Ce sont de petits arrangements : ils m'ont déjà payé tout mon studio, après la salle à manger, on attaquera la cuisine.
Tu as beaucoup de travaux à faire ?
Faut que je m'explique : je viens de déménager. Il faut s'équiper. J'ai grandi dans l'East End mais j'ai acheté ma maison dans le West End. Parce que les maisons dans l'East End, personne ne les achète. Au moins je pourrais revendre la mienne si les choses tournent mal !
Parles-nous de Glasgow.
Glasgow est une ville froide ou les gens s'amusent. Il y a deux clubs de qualité, the Arches et le Sub Club, même si ce dernier est fermé en ce moment, qui brassent beaucoup de grands djs. Rien que le weekend dernier, Derrick May, John Aquaviva et Derrick Carter étaient en ville. Le niveau est élevé et ça te permet de rencontrer du monde. Tout le monde se connaît, surtout que je ne suis pas le dernier à aller boire des coups.
Ton premier album, "Face The Music", s'est particulièrement bien vendu (surtout pour un succès critique : 40000 exemplaires vendus, ndr). Tu attends beaucoup de "TwentyFour7even" ?
Non, les ventes ne sont pas très importantes et je m'attends à en vendre moins. Même si j'avais un meilleur matériel - tu devrais entendre mes moniteurs à 2500 livres (25000 FF,ndr) -, je crois que "TwentyFour7even" est moins accessible. Grâce au premier album, je suis allé mixer au Japon, en Afrique du Sud, à Chicago. Avant je ne mixais qu'à Glasgow. Maintenant j'ai mis un peu le hola, ça devenait physiquement trop éprouvant.
Quels sont tes prochaines productions prévues ?
J'ai fait un maxi pour Glasgow Underground signé Paul Flynn, un track pour la prochaine compilation de Luke Solomon sur Classic, un autre pour le label Positive Education, et un remix pour les Idjut Boys.
Gregory Papin
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