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Michel Amato alias the Hacker est un héraut de la scène électronique rhonalpine, l’une des scènes les plus mures de France, au vu de leur compliation « Rhonalpine Groove ». Sa carrière est très liée à celle de ses voisins. Aux côtés de Bruno Bollini (qui se métamorphosa plus tard en Money Penny Project), il monta le groupe XMF, éminent membre de la hardcore french touch. Puis c’est vers Detroit via l’Allemagne qu’il se dirigea, en solo et avec des alliés grenoblois tels que Miss Kittin et Olivier d’Oxia avec qui il monta la structure Goodlife, qui accueille d’ailleurs son premier long format, « Mélodies En Sous Sol ». Ce premier album est révélateur de nouvelles facettes de sa personnalité. Entretemps the Hacker a signé quelques hymnes tels que « Champagne » sur le label de DJ Hell, International DJ Gigolo, ou le très attendu « Methods Of Force » qui paraîtra bientôt sur Sativae. A noter, c’est une particularité locale, qu’il s’est également investi dans presque tous les labels du terroir : UMF, Ozone, Interface. Un projet d’album avec Miss Kittin pour Gigolo est par ailleurs prévu pour la fin de l’année.
Ta réputation est surtout basée sur ta techno ‘physique’, mais ton album « Mélodies En Sous Sol » va au delà.
Oui, je voulais mettre en avant d’autres choses, notamment les premiers trucs que j’ai aimé dans les années 80 : la new wave avec New Order, Depeche Mode, des trucs electro hip hop aussi quand j’étais petit. C’’st un bon compromis entre ça, l’electro et la tek qui est bien sur quand même présente sur le disque. J’ai remarqué que de nombreux producteurs de musique électronique mettent trop de choses dans leurs albums. Ils invitent des musiciens, comme si l’électronique était plus humaine avec des musiciens ! Mon album est entièrement produit avec des machines, je préfère la boite à rythme à la batterie. Ca donne un certain cachet auquel je tiens. Je n’aurai pas pu faire ce disque il y a quatre ans.
Pourquoi ?
Parce que j’étais à fond dans Jeff Mills ! Et c’est vrai que ces derniers temps la techno minimale m’a un peu saoulé.
Est ce que ton expérience de dj t’a été utile pour la production du LP ?
Quand tu es dj, tu sais forcément ce qui fonctionne sur la piste, et j’ai recherché l’efficacité sur les morceaux tek de l’album. Le fait de tourner en Allemagne, où je me permets plus d’excrusions électro. Ce que je faisais il y a dix ans m’a aussi servi. J’étais alors dans un groupe electro pop, à 17 ans. C’est quand j’ai entendu des remixes de Depeche Mode que j’ai accroché sur la techno, puis les trucs belges vers 92 / 93. Les disques de Detroit n’arrivaient pas jusqu’à Grenoble à l’époque.
Parles de nous de cette scène rhonalpine, qui est très active.
Je suis de Grenoble. J’ai monté Goodlife avec Olivier / Oxia, je participe à Ozone, et j’ai sorti des disque sur Interface et Sekence, qui sont aussi dans le coin. La compilation « Rhonalpine Groove » nous a pas mal rapproché, même si on se connaît tous de teufs, on traînait dans les mêmes endroits avant de faire de la musique. Il y a aussi Pulp Flavor, le label de the Money Penny Project. Et des gens de Lyon ou d’Annecy, avec qui on collabore de façon plus ponctuelle. A Grenoble on se voit tous les jours.
As-tu organisé des soirées ?
Oui, c’était un peu des free parties avant l’heure. Des teufs pirates comme on disait, 20 francs l’entrée, dans des lieux un peu délire comme une foire abandonnée, en pleine période des raves, vers 92 / 93. On a laissé tombé parce que ça devenait problématique avec les autorités. J’ai continué de jouer dans des free parties mais maintenant le son est trop éloigné de ce que j’aime faire.
Que retiens-tu de l’époque XMF, ton ‘passage’ dans le hardcore ?
Je crois que c’est encore présent mais en arrière plan. Produire du hardcore te donne beaucoup de liberté par la suite. Par exemple, j’ai fait des morceaux house pour m’amuser et je me suis permis des choses qu’aucun producteur house ne ferait !
Comment as-tu trouvé le titre de ton album ?
C’est un titre de film, même si je ne suis pas branché cinéma. Je trouvais déjà que ça sonnait bien, et ce que ça signifie. Je ne voulais pas mettre « Underground Melody », mais je cherchais un moyen de mettre underground dans le titre et que ça passe… La tendance du disque est assez sombre, et visuellement le truc me plaisait.
Comment est-ce que tu procèdes dans le studio ?
Il n’y a pas de structure dans les ordinateurs quand j’enregistre mes morceaux. Je les fais dans les conditions de live ce qui veut dire que je ne pourrais pas les refaire exactement, et c’est ce qui explique les quelques imperfections. Je n’aime pas le côté figé d’un morceau séquencé, travailler comme je le fais enlève un peu du côté robotique de la musique assistée par ordinateur. C’est ce qui me plaisait dans les lives, le fait de pouvoir quand même réagir aux gens.
Vas-tu faire un live pour la promo de l’album ?
Je ne fais plus de lives parce que j’en avais assez de trimballer mes machines dans le coffre. Ce n’est pas un matos de scène mais de studio. Alors démonter le studio à chaque fois ça a fini par me gonfler. Mais je ne m’arrête pas définitivement d’en faire.
Quel genre de machines utilises-tu ?
Surtout de vieux synthés. Le grain analogique est intéressant parce qu’il est imparfait, et puis tu peux fabriquer tes sons de A à Z. J’attache une certaine importance à ce que mes sons soient uniques au lieu de reprendre des trucs préprogrammés.
As-tu été influencé par des artistes plus contemporains ?
Dopplereffekt. Je les ai rencontré à Munich, on a beaucoup discuté, mais il m’a demandé de garder le secret sur notre conversation, alors tout ce que je peux dire c’est qu’on partage les mêmes goûts musicaux. J’ai énormément d’admiration pour leur travail, le fait qu’il optimise chaque son pour plus d’efficacité. J’ai pu être inspiré en écoutant de leurs morceaux, mais le résultat est quelquechose de différent. Et puis il y a de gens comme David Caretta qui est un peu sur le même créneau, mais avec un côté humoristique que je trouve superbien. Sa reprise de « Ca plane pour moi », j’aurai pas osé !
Ecoutes-tu de la black music ?
J’ai découvert sur le tard, par l’intermédiaire des mecs de Detroit. Le groove dans « Waveforms vol 1 » de Jeff Mills, ça m’a scotché. Mais Olivier d’Oxia est beaucoup plus dans le funk que moi.
D’où te vient le pseudonyme the Hacker, si prisé des internautes ?
Ca vient des maxis de UR où les mecs avaient des noms comme the Punisher, the Extremist. Le côté menaçant du personnage m’a plu.
Que penses-tu de la musique dématérialisée ?
Je suis un novice sur le net, alors c’est dur de se prononcer. Mais je crois qu’à long terme les maisons de disques vont avoir su mal à gérer cette évolution, ce qui me paraît intéressant.
Gregory Papin
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