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Autrefois appelé Kid Of Tomorrow, Sandy Rivera est un enfant du South Bronx aujourd’hui exilé dans le New Jersey, un exil de quelques kilomètres seulement mais . Séparé de son acolyte Jay ‘Sinister’ Sealee (les explications suivent), Sandy a connu les affres du music business depuis leurs débuts en 94 : une multitude d’hymnes de club dont un accéda au firmament du hit parade anglais (« Spank »), qui sortirent sur des labels aussi prestigieux que Strictly Rythm, Groove On, le label de Deep Dish Yoshitoshi, Power Music, ou le sien Deep Vision records et sous des noms divers comme KOT bien sur, mais aussi, ce qui se sait moins, D-Menace, The Space Invaders, Soul Vision, ou Mysterious People. La compilation « In The Beginning » relatait cette période faste, mais « It’s In The Life Style » est leur (ou son) premier long format conséquent. Un album où l’on entend neuf vocalistes, avec un single palpitant, « Tear It Up », bientôt remixé par Lenny Fontana et… Bob Sinclar, des tracks jazzy, funky, disco, très accessibles (notre entretien était calé entre NRJ et Skyrock), et qui pourtant conservent cette verve typiquement new yorkaise. Interview à Pigalle, avant une visite poussée des mœurs locales.
La musique a-t-elle joué un rôle salvateur dans ta vie ?
Eh bien, si l’on considère que c’est ce qui me donne de l’argent pour vivre, sans aucun doute.
Et te procure-t-elle une force dans l’adversité ?
Il y a beaucoup de morceaux que j’apprécie, et qui me donnent en les écoutant une certaine satisfaction, on peut même dire une force, surtout quand je ressens le feedback de la piste.
Tu produis quelques morceaux instrumentaux mais surtout des tracks garage. Qu’est ce qui t’a amené à faire appel à des vocalistes ?
A chaque fois que je termine la production d’un moceau, je finis par chanter dessus. J’adore les chansons. Parfois je chante quelques backround vocals. Quand je serai prêt, je commencerai à chanter sur mes morceaux. Donne-moi encore quatre ans (rires) !
Comment choisis-tu tes chanteurs ?
Je prends un vocaliste en fonction du morceau. J’ai le choix alors c’est tranquille.
Et comment se partagent les rôles dans la conception des morceaux ?
Je suis en charge de la production, donc au final c’est moi qui décide. Mais parfois les chanteurs ont une bonne idée pour les paroles, alors j’écoute leurs suggestions. Parfois ils chantent mieux un texte qu’ils ont eux-mêmes écrit, mais si ça ne me plaît pas… On le dégage ! (rires)
Combien de temps te faut-il pour produire un track ?
Un jour en général. Une fois que tu as le ‘hook’ (= riff, gimmick, ndr), le groove de base, c’est presque fait. Ensuite c’est bien de revenir travailler dessus une semaine après, tu as un nouveau point de vue. Je suis perfectionniste.
Tu es installé au New Jersey. Te sens-tu impliqué dans la scène NJ, ou plus globalement la scène new yorkaise ?
Franchement, je me tiens un peu à l’écart de la scène house. J’ai pas envie de me prendre la tête avec toutes les histoires qui circulent, les guerres d’ego. J’ai déménagé dans le New Jersey il y a deux ans, quand ma petite fille est née. Je suis né à Manhattan, mais j’ai vécu dans le Queens, le Bronx, et si j’aurai pu continuer d’y vivre, je ne souhaitais pas que ma fille grandisse dans cet environnement, dans une école cernée par les dealers. Pour revenir à ta question, je pourrais produire de la house en Alaska. Mon seul problème serait de trouver des vocalistes !
Quelle est la particularité sonore de KOT ?
J’écoute beaucoup de hip hop et de r n b. J’essaie de prendre dans ces deux genres : le hip hop pour les ‘bangin beats’, le r n b pour les arrangements. Il me faut des ‘tough’ beats (littéralement des rythmiques ‘dures’, ndr).
Tu t’es séparé de ton partenaire Jay ‘Sinister’ Sealee. Que s’est-il passé ?
C’est tout récent. C’est très simple : Jay habite en Californie, et n’a pas de studio là bas, donc il n’était plus impliqué dans tous les projets. Ce n’était plus possible de continuer tous les deux, c’est comme s’il avait cassé notre deal. J’avais commencé KOT sans lui, donc je peux continuer.
Est-ce que tu t’inspires de tes sets de dj pour affiner tes productions ?
Bien entendu. Des disques des autres aussi.
Que penses-tu de l’évolution de la house aux Etats Unis ?
C’est loin d’être une force majeure dans l’industrie du disque américaine. En ce moment, pour ce qui est de l’électronique, c’est la trance qui cartonne. Il m’arrive de jouer garage après quatre heures de trance, le tout est de savoir amener ton son. Je peux jouer après n’importe qui.
Comment expliques-tu que la house ne marche pas, alors que le r n b est un immense marché aux Etats Unis ?
Il y a une différence importante entre ces deux styles de musique. Tu ressens plus la musique quand elle est lente, je veux dire que tu as plus le temps de capter ce qui se passe. C’est aussi, je pense, pourquoi la house du début rencontrait plus de succès : les morceaux de Marshall Jefferson ne dépassaient jamais 120 bpms. Et puis il y a une dimension culturelle dans le hip hop, le style vestimentaire qui permet de se reconnaître. Regarde Armand Van Helden, il fait de la house mais il s’habille comme un rappeur ! Je ne sais pas ni où ni ce qu’est la culture house, je n’en ai franchement aucune idée !
C’est ce qui explique que tu aies signé sur Distance, un label français ?
Oui, je recherche plus de visibilité médiatique pour en faire bénéficier les gens qui sont avec moi, les chanteurs. Il faut que ma musique se fasse remarquer, c’est pour cela que j’ai besoin d’eux. C’est en Europe que ça se passe. Il y a plein de trucs excellents qui sortent en house à l’heure actuelle, on vit une très bonne période tout de suite. Mais je me concentre sur mon label Deep Vision.
Que faisais-tu avant de faire de la house ?
J’ai commencé par produire du hip hop avant de faire de la house. Je produisais le Terror Squad (groupe de rappeurs latinos de NYC, ndr) avant qu’ils s’appellent comme ça. J’avais Cuban Link, Big Pun, Gizmo, tous venaient rapper à mon studio. J’ai établi la connexion avec Fat Joe, qui leur a donné 15000 dollars pour faire une maquette sérieuse, et ça s’est fait sans moi. Toutes les personnes que j’ai connu dans le hip hop ne savent pas que je fais de la house. S’ils le savaient, ils n’écouteraient pas vraiment ce que je fais, et comme j’ai d’autres projets dans le hip hop, je reste assez discret là dessus. Ca pourrait même être assez dangereux avec certains. Il y a encore des gens qui ont une image très restreinte de la house.
Quels sont tes projets dans le secteur du hip hop ?
Je fais des sons pour un label new yorkais, Rap A Lot, des trucs r n b / hip hop. Aucune sortie n’est prévue pour le moment, mais nos discussions sont très avancées.
Ecoutes-tu du two step garage ?
Qu’est ce que c’est ?
Un style de garage londonienne, très syncopée.
Ah, oui, je vois, avec les grosses basses. On donne toujours de nouveaux noms en Angleterre, mais de ce que j’ai entendu, c’est de la jungle. Mais j’ai le souvenir qu’il y avait des morceaux plaisants.
Gregory Papin
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