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S'étant fait un nom dans la house avec Wamdue Kids (ou occasionellement Wamdue Project sur Strictly Rythm ou Peacefrog) et son tube planétaire "King Of My Castle", Chris Brann producteur polymorphe d'Atlanta nous dévoile sa face cachée avec ses disques détonants sur le label futur jazz Ubiquity sous le pseudonyme de P'taah (à prononçer pi-tar et qui signifie ‘architecte de l'univers’ en égyptien). Apportant sa pierre à l'édifice commun entre toutes les musiques libres et innovantes en explorant les frontières entre dub, jazz, sonorités indiennes et latines, house et drum and bass, cet hybride supersonique à vocation universelle se métamorphose sans cesse en incorporant de multiples intervenants vocalistes, batteurs comme l'envoûtant Francesco Mora (membre de l'Innerzone Orchestra de Carl Craig et de l'Arkestra de Sun Ra dans les 60's) et percussionnistes d'horizons divers. Associant angulairement arrangements audacieux et expérimentations soniques modernes, l’optique décalée de P'taah opère un agencement cosmique entre le nujazz percutant de Mustang et Jazzanova et les effets électro-scientistes de DJ Krust, le tout habité d'un mysticisme inspiré par Sun Ra et Alice Coltrane (tout particulièrement son album "P'taah The El Taoud" sur Impulse). Déconcertant au premier abord cette espèce rare de jazz caméléon évolue avec la même aisance de l'Amérique latine (sur le maxi « Flying High » ainsi qu’avec son remix hallucinant du percussionniste Longineu Parsons) jusqu'aux mers électropicales d'I-Cube (« Adore » remix sur Versatile). Son album « Compressed Light » prévu fin mai suit son odyssée supercussive en prise avec la sagesse ancestrale du rythme... interview par e mail.
Comment as-tu commencé à faire de la musique ?
Je me suis mis à la production un peu par hasard. Au départ je voulais vraiment jouer dans un groupe mais je ne trouvais personne avec qui je partageais les mêmes intérêts. Il m’est donc devenu naturel d’utiliser un ordinateur pour faire ma propre musique telle que je la concevais…C’est alors que je suis devenu une sorte de monomaniaque !
De quels instruments joues-tu personnellement ?
Du clavier, ainsi que quelques percussions telles que des congas et de l’ocarina (sorte de coquillage musical ndr)
Par quoi as-tu débuté : la house ou le breakbeat abstrait ?
J’ai toujours aimé les deux. La house est géniale pour groover, ça demande moins d’efforts à faire. Tandis que les breakbeats abstraits ont tendance à devenir de plus en plus mentaux, c’est une autre facette de ma personnalité. Les deux se nourrissent l’une de l’autre.
Comment as-tu évolué d’une approche à l’autre ?
J’ai simplement une curiosité innée pour la musique et j’aime explorer toutes sortes d’idées et de styles. Je n’aime pas me contenter de peu. A mon sens, il s’agit de rendre hommage aux artistes qui m’ont influencé dans le passé. Je pense que c’est très important d’avoir du respect pour les musiques qui nous ont précédées.
Prévois-tu de monter un live ? Comment serait-il structuré ?
Oui. Je n’ai pas encore décidé de la formation définitive mais vraisemblablement il inclura un saxophone, des percussions, beaucoup d’éléments dub et une approche free jazz du rôle du dj au sein de l’ensemble. Je me concentrerai également fortement sur l’aspect visuel et multimédia coïncidant avec la musique.
Crois-tu que l’énorme audience de Wamdue Kids épousera un jour la cause de P’taah ?
Peut être que certains fans de Wamdue Kids iront checker les disques de P’taah, mais que le plus grand nombre vienne à s’y intéresser dans un futur proche, ce serait en effet un immense challenge à relever…
Envisagerais-tu de produire des morceaux strictement orientés drum & bass ?
Je suis actuellement en train de collaborer avec Blu Mar Ten, du label Good Looking, pour mon futur album de Wamdue Project, prévu sur Strictly Rythm.
Que nous réserves-tu après tout cela ?
J’aimerais vraiment faire un album totalement acoustique avec beaucoup de percussions, un grand piano et une section de cordes.
As-tu d’autres productions ou remixes prévus depuis ton époustouflant travail sur la salsa survoltée de Longineu Parsons sorti sur Cubop/ Ubiquity ?
Mon remix d’ « Adore » d’I Cube vient de sortir sur Versatile, ainsi qu’un maxi sous mon propre nom, Chris Brann, sur Earth records. Certains morceaux de l’album de P’taah, « Compressed Light » (à sortir fin mai sur Ubiquity, ndr) seront bientôt remixés par DJ Venom (Talkin’Loud), Nubian Mindz (Archive, 2000 Black), Maurice Fulton de Detroit, Ashley Beedle sous le nom de Black Science Orchestra et Château Flight (Gilb R et I Cube de Versatile, ndr) .
Irie
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