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Chronique de "Hifi Jazz"

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Sorry, your browser doesn't support Java.  Alex Attias
 
"Je m’adapte facilement aux nouvelles situations"
   

Objet musical non identifié apparu dans le ciel de Lausanne sur Cornflex, à Paris via la tour de contrôle Future Talk puis à l’ouest de Londres sur Sirkus, 2000 Black, Archive, Main Squeeze et son tout nouveau label Visions, le son mutant en perpétuel mouvement d’Alex Attias célèbre dj suisse, concepteur des fameuses compilations Vibrations et producteur sous diverses identités telles que Bel-Air Project, Mustang, Catalyst et Beatless est un prodigieux produit de l’ère numérique. Armé de son sampleur sans peur et sans reproche, cet ambianceur unique au magnétisme dense agence un agglomérat subjuguant d’atmosphères propres aux soundtracks des 60’s, d’éléments techno, drum&bass et jazz ailé de breaks de batteries sidérants. N’ayant rien à envier au travail de ses pairs Carl Craig ou Dego Mc Farlane, ce désarçonnant Mustang nous livre ici le secret des millions de chevaux qu’il cache sous son capot .
 
Comment as-tu commencé à faire de la musique ?
J’étais dj depuis 88-89 en Suisse dans de nombreuses soirées et sur les ondes de Couleur3. En 95 j’avais beaucoup d’idées et une grosse collection de samples , je me suis alors associé avec Patrick Duvoisin alias Rollercone . Ensemble nous avons produit deux titres pour la compilation « 5 Star Galaxy » sur 5 Star. Ensuite en 96 j’ai bossé avec un ingénieur du son, Seb, sous les pseudonymes de Funkanova et Bel-Air Project. Pour Funkanova on a collaboré à la compilation « Full Contact » sur Fourplay mais c’est réellement Bel-Air Project qui nous a fait connaître . Notre premier morceau était « Cannonball » suivi de « Magic » sur Cornflex (qui fut ensuite licencié sur Source Lab 3) et du « Dark Jazzor ep» sur Future Talk, label de mon vieil ami Gilb’r qui m’a encouragé à produire depuis le début .

Qu’est devenu Seb ton partenaire au sein de Bel-Air Project ? As-tu toujours des contacts avec d’autres artistes en Suisse ?
A vrai dire je n’ai aucune nouvelle de lui depuis notre séparation et la dissolution de Cornflex en 97. Sinon la scène suisse est peu attrayante à l’exception de Freeform Arkestra (à qui j’ai promis un remix pour leur label Straight Ahead de Zurich) et d’un autre basé à Genève plus orienté house, Paparazzi.

Qu’est ce qui t’a décidé à venir vivre à Londres en 97 ?
Tout d’abord je me suis marié avec une anglaise. De plus cela faisait longtemps que je désirais travailler avec de nombreux producteurs pour lesquels j’ai beaucoup d’admiration et qui étaient déjà des amis comme Dego et Mark de 4 Hero, Phil Asher et IG Culture .

Ayant commencé ta carrière en tant que dj, joues-tu beaucoup à Londres ? T’arrive-t-il de mixer tes morceaux « speed jazz » ? Quelles sont les réactions à ce genre de rythmes en club ?
Malgré ma bonne réputation en Suisse, il a fallu repartir de zéro. Il y a tellement de bons dj’s ici qu’il était assez difficile de m’imposer. Je suis assez peu connu. Et en fin de compte je n’ai pas cherché tant que ça à jouer à Londres, ce qui ne m’empêche pas de me produire dans le monde entier. Au Portugal, en Italie, en Allemagne et au Japon dont je reviens d’une fantastique tournée de deux semaines. La réponse là-bas est phénoménale ! C’est d’ailleurs le seul endroit où j’ai joué mes propres disques car ce sont les seuls à s’être montré réceptifs à ce style. Sinon en général je joue de tout : house, funk, classiques disco etc…

Tu as réalisé récemment une compilation « Hi-Fi Jazz » sur X-treme records qui illustre bien ton optique jazz expérimental et polymorphe en rassemblant nombre de tes acolytes comme Jessica Lauren , Phil Asher, Modaji ou encore Nubian Mindz. Quels sont tes projets avec eux ?
Cette compilation (sortie uniquement dans son intégralité sur cd faute de droits, ndr) a très bien marché à ma grande surprise et m’a exposé à un cercle plus large que celui des vinyls junkies. Parallèlement mes illustres collègues sont aussi en pleine phase de reconnaissance, ils s’apprètent tous à sortir des albums de leur coté. Parmi eux la plupart sont des proches et nous constituons une véritable communauté d’esprit basée à West-London. Ainsi Jessica est une amie qui connaît bien ma musique. Elle était jusqu’à présent prise par son album mais j’ai de multiples projets avec elle. De même que Dominic Jacobson( Modaji), Ian O’Brien, Jazzanova (le collectif berlinois du label Compost, ndr) ou encore Nubian Mindz que j’apprécie particulièrement et à qui j’ai l’intention de demander des tracks pour mon nouveau label Visions. Sans oublier biensur Dego de 4 Hero avec qui je réalise aussi un maxi pour Visions intitulé « Plutonia ».

Dans tes productions comme dans celles de Nubian Mindz et toute la clique du label Archive dirigé par le milanais Volcov on décèle une énorme influence de la techno de Detroit. As-tu l’intention d’explorer ce monde parallèle plus intensément?
A fond. Pour tout te dire j’ai découvert beaucoup de ces sons sur le tard notamment grace à Dego et Enrico ( Volcov). Ca m’a ouvert d’incroyables nouvelles perspectives et je compte bien me concentrer plus précisément sur ce style dans le futur.

Une autre influence marquante dans ton univers sonore semble être l’aspect cinématique. Souhaiterais-tu produire des musiques de films ?
J’ai un immense respect pour des compositeurs comme George Russel, Lalo Schiffrin ou encore et surtout mon maitre parmi tous les autres Ennio Moricone .En ce qui concerne les cinéastes dans l’absolu j’aurais adoré produire du son pour John Casavettes ou meme Matthieu Kassovitz mais ce ne sont que des idées, je n’y ai jamais songé sérieusement. Pour l’heure ma musique n’a pas cette prétention , elle est encore trop orientée « dance » mais on ne sait jamais…Une de mes qualités, dans la vie comme dans ma façon de faire de la musique est de pouvoir m’adapter facilement aux situations. En soit le fait d’avoir la liberté de délirer musicalement sur des images pour y amener sa propre émotion me correspond pleinement mais pour ce faire je devrais engager un ensemble de percussions, des violons voire même deux batteurs ce qui est complexe et nécessite beaucoup de moyens…

Dans cet esprit orchestral magnifié par 4 Hero, envisages-tu de monter un live ?
Pas dans l’immédiat, j’ai trop de travail avec deux albums en préparation. Le premier sera avec Paul Martin (label manager de Talkin Loud, ndr) sous le nom de Beatless pour le compte du label de San Francisco Ubiquity dans un délire breakbeat « full on » (littéralement à fond, ndr) - comme disent les Anglais - construit autour d’éléments latins et dub. Pour celui de Mustang , mon projet le plus personnel, j’y consacre beaucoup plus de temps car je procède en reprogrammant chaque partie de mes breaks ce qui nécessite beaucoup de persévérance. Quant à celui de Catalyst, avec le pianiste Greg Boraman, prévu sur Future Talk, je l’ai mis un peu en « stand by » faute de temps mais j’espère m’y atteler sérieusement dès que possible. Ce sera dans l’esprit de West London caractérisé par des rythmes broken beats / house tournant autour de 120 / 130 bpm et utilisant plusieurs instruments.

Tu es très influencé par le jazz. Peux-tu expliquer comment tu le restitues dans ta façon de produire ?
Déjà, je ne cherche pas à refaire ce qui a déjà été fait. Je me focalise sur les batteries en essayant de les mélanger à des sonorités nouvelles. Mais à la différence de P’Taah ou Carl Craig qui sont plus barrés, mon approche est délibérément minimale dans le but d’atteindre une sorte de transe proche des tambours ancestraux. A l’opposé de cela j’ai aussi un projet d’album avec Jessica entre jazz et valse, plus destiné à l’écoute tranquille à la maison qu’à la danse : pour résumer ça sonnera un peu comme si Air faisait du jazz…

Proche du d&b par certains aspects techniques, ton style s’inscrit comme une alternative aux stéréotypes jungle ? Envisages-tu de refaire des morceaux d&b ?
Je suis gravement impressionné par ce que font des gars comme Dego, Seiji, Photek, Digital, Spirit ou encore London Elektricity mais en ce moment je ne trouve pas personnellement l’inspiration pour en produire. Certains m’ont contacté à l’époque où « Dark Jazzor » cartonnait à Londres mais ils voulaient seulement que je refasse exactement la même chose. Cela ne m’intéresse pas, je préfère expérimenter dans d’autres directions. C’est dommage que certains n’osent pas plus tester d’autres approches. Ca va venir, je sais par exemple que mon pote Nathan Haines (pianiste et saxophoniste dans le duo Sci-clone sur Metalheadz) travaille en ce moment avec Lemon D pour son futur album prévu sur R&S cet automne.Ces mecs ont la maitrise pour explorer d’autres voies que les autoroutes empruntées par la majorité des autres producteurs, alors de grandes choses sont à espérer à l’avenir…

Quels sont les vocalistes ou les musiciens avec qui tu aimerais travailler ?
Il en existe tellement avec qui j’aimerai bosser comme la seule et unique Bjork, des chanteuses brésiliennes, des chanteurs de jazz comme John Lucien et Andy Bey ou des batteurs comme Elvin Jones ou Leon Parker. Mais mon rêve ultime serait de contacter Enio Moricone même si j’ai entendu dire qu’il n’est pas très sympathique et qu’il oblige carrément tout ceux qui s’adressent à lui à l’appeler maitre …

Enfin quelles sont tes prochaines sorties ?
Je viens de sortir le premier maxi de mon nouveau label Visions (Mustang : « Twilight », ndr), un autre sur Main Squeeze, label d’IG Culture (Mustang : « Give A Little Love », ndr) et j’ai produit le track « Inspirations » sous le nom de Catalyst figurant sur la compilation Co- Op Volume 1 qui réunit toute l’ équipe de West London : IG Culture, Phil Asher, Modaji, Neon Phusion etc... J’ai remixé Kabuki sur le label allemand Full Spectrum ainsi qu’un morceau bossa-nova aux sons « spacy » intitulé « Les Enfants » du groupe Be Bop Dawg sur Dynamite Joint . A part ça je stoppe un peu les remixes pour me consacrer pleinement à la conception de mes albums. J’ai encore des progrès à faire pour etre à la hauteur de mes ambitions

Irie


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