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Originaire de Valence, « dans le Sud », tient-il immédiatement à préciser, Fred Galliano est un dj actif depuis quelques années, notamment sur la péniche La Marquise aux côtés du lyonnais dj Spider. Animé d’une passion pour la musique africaine, et ses derniers prolongements, il en est arrivé naturellement à l’électronique. Artiste F Communication, il dirige également une filiale du label, Frikyiwa, qui après une série de maxis transméditerranéens aux superbes pochettes, dresse un récapitulatif de ses activités sur CD. Il n’en fallait pas plus pour que nous le retrouvions, bien qu’il semble se méfier des journalistes comme des CRS.
Alors Fred, pourrais –tu brièvement présenter tes activités musicales ?
(un peu agacé) J’habite à Valence, je suis DJ depuis 92, je fais de la musique depuis quatre ans à peu près. Avant d’être DJ, j’ai fait cinq ans de Beaux Arts, voilà.
Tu utilises des machines pour faire de la musique mais tu sembles plus intéressé par d’autres styles de musique, comme ici la musique africaine.
Mes références musicales sont la musique ethnique africaine, le jazz, depuis que j’ai l’âge de quinze ans. Le côté électronique, c’est venu avec mon travail de DJ depuis 92 et l’achat d’un sample il y a quatre ans. De manière assez logique, je mélange toutes ces influences, live, jazz et électronique. C’est assez normal au regard de mon parcours.
La musique africaine n’est pas batie de la même manière que la musique occidentale. En quoi l’électronique t’aide à interpréter cette musique-là ?
Disons que je pense que c’est tout à fait possible d’établir des liens, des ponts, entre les styles de musique dès lors que l’un est à l’écoute de l’autre. Il y a certainement des incompatibilités, mais dans la mesure où des rapprochements sont possibles, c’est bien d’essayer. En tout cas, c’est ce que j’ai essayé de démontrer sur cette collection Frikyiwa.
Sur la « Collection », il y a surtout des chansons. Les vois permettent-elles de créer ce lien ?
Déjà je suis sensible à la chanson. Le catalogue Cobalt dans lequel j’ai cherché est un catalogue de chansons, donc entre guillemets j’ai pas eu le choix, mais en même temps c’est une direction que je voulais défendre, peut être pour rendre ça plus accessible, qui suscitent immédiatement un intérêt. Les voix africaines sont très belles, chaleureuses, ça amène un repère assez agréable. Certaines musiques instrumentales africaines peuvent paraître plus rébarbatives pour une oreille non avertie.
Le disque est constitué de remixes. Comment as-tu fait ton choix ?
Disons que je voulais donner une dimension mondiale à cette compilation, il y a des gens qui viennent d’Angleterre, d’Allemagne, du Japon, et des Français. Le choix s’est fait malgré tout en fonction de la personnalité du remixeur. Quand je choisissais un morceau traditionnel africain, j’imaginais quel remixe j’allais obtenir. Je savais qu’avec Aqua Bassino j’allais obtenir de la deep house classieuse, avec la voix de Nahawa Doumbia en avant, avec Jeff Sharel un truc house beaucoup plus rustique avec un traitement de son particulier, IG Culture je savais que ce serait une espèce de breakbeat (sic). Tout ça était calculé en fonction du style de musique que j’allais obtenir.
Tu voulais établir des connexions particulières avec ces artistes ?
Ben si tu veux ça fait quatre ans que je travaille sur ces mélanges, alors j’ai pas vraiment l’intention de m’accrocher à une quelconque locomotive. Les remixeurs je les ai choisis parce que j’aimais leur musique, point à la ligne, après qu’ils soient de quelque école que ce soit, c’est pas mon problème. La seule chose qui m’intéresse c’est qu’ils me tombent des bons morceaux. C’est évident que la « Collection » a une couleur propre, à l’image de ma musique, ou de ce que je peux jouer dans mes sets de DJ. Ca représente ce que j’aime, je veux être juste par rapport à ce que je ressens.
Comment as-tu le sentiment que les musiciens africains reçoivent ces remixes ?
Pour en avoir discuté avec eux assez souvent, ils le reçoivent bien. Ils sont assez enchantés d’entendre ça, ça les fait rire dans le bon sens du terme.
Tu penses que ça les inspire pour leurs futurs travaux ?
Ils sont curieux d’entendre ça et j’espère qu’ils en tireront quelquechose, soit dans leurs arrangements, soit dans l’énergie. C’est aussi fait pour ça, donner des idées. De la même manière que plein de remixeurs ont pu tirer telle ou telle idée, le placement de la guitare par exemple. Ce projet a été fait pour dresser des passerelles entre deux mondes et faire en sorte qu’il y ait de la communication.
As-tu rencontré les artistes africains ?
Pour des questions matérielles, ça n’a pas été possible de tous les rencontrer, mais j’ai fait de mon mieux.
Quels sont tes autres projets ?
Sur F Com, j’ai un projet qui va s’appeler African Diva, avec des chanteuses africaines, et sur Frikyiwa plein de choses. Et la scène, biensur avec plusieurs projets live.
Pour le moment tu travailles surtout avec des gens d’Afrique de l’Ouest, il y a d’autres coins qui te branchent ?
Biensur. J’ai un projet pour aller en Centrafrique. Il reste beaucoup à faire. Tout est inépuisable à partir du moment où t’as les yeux et les oreilles grand ouverts.
Comptes-tu signer des artistes africains sur Frikyiwa ?
C’est prévu. Il y a un groupe traditionnel qui prépare quelquechose d’ici à la fin de l’année, avec une griote et un joueur de cora. Frikyiwa, c’est pas seulement des remixes, c’est un état d’esprit.
Gregory Papin
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