|
|
|
Sous son bob, Orin Walters ne paye pas de mine dans la soirée Yellow parmi la foule du Batofar. Mais en creusant un peu on découvre que ce gars discret est très actif dans l’underground électronique anglais sous de multiples avatars comme The Blacktonez, Bugz In The Attic, New Sector Movements, Neonphusion et Afronaughts. En constante élévation sa cuisine spirituelle de soul, de jazz-funk , d’afrobeat, de house et d’électronique onirique se manifeste dans toute sa splendeur sur le visionnaire “The Future Ain’t The Same As It Used To Be”, premier album de Neonphusion sorti sur l’excellent label Laws Of Motion en janvier 2000. Au controle de 1h à 2h l’Afronaught en question cloture magistralement cette nuit avec un set freestyle glissant agilement des “broken beats” ouest-londoniens de People aux dubplates speed jazz de ses illustres équipiers Mustang et Seiji . Transcendant les stéréotypes à une allure fulgurante, sa fusion dévoile des perspectives musicales passionnantes et préfigure l’avenir du groove en perpétuelle réinvention. Dans le sillage de cet Afronaught découvrez de nouveaux espaces sonores aux frontières de la galaxie afro-futuriste .
Qu’as-tu fait avant Neonphusion ?
J’ai produit des tas de trucs dans plein de délires différents sur Mousetrap , Monkey Jzz , People , Main Squeeze , Slip’N Slide , R&S et bien d’autres . Ma passion de la house m’a meme amené à vivre six mois à Chicago. Ce serait trop long si je devais retracer toute ma discographie. Pour faire court disons que ça fait cinq ans que je connais Phil Asher qui m’a ensuite présenté Paul Seiji, Dego, IG Culture, sa copine Kate (une des chanteuses de Neonphusion) et toute la fine équipe de West-London. Sous l’égide de Seiji on a monté le collectif Bugz In The Attic sur Disorient, New Sector Movements avec IG Culture sur People et Main Squeeze et peu de temps après Neonphusion autour d’Alex Phountzi, Kate Phillips, Kaidi Tatham et les vocalistes Sylvia Tella , Melissa Brown et Don Ricardo ( reggae singer de renom ), sur Laws of Motion.
Vous etes très éclectiques. Parles-nous de l’esprit de Neonphusion.
Tu sais à Londres on est tous influencés par beaucoup de styles musicaux , il y a tellement de bons producteurs en ce moment. La scène a toujours eu cette vibration bouillonante entre la soul, le funk, le jazz, le reggae, l’electro, la techno, le drum and bass. Chacun apprend de l’autre et finit par toucher à tout, c’est ce qui fait notre force. Cela progresse tellement vite qu’on s’enrichit constamment. Seiji fait du drum and bass, Kaidi est branché hip-hop (il joue par ailleurs des claviers pour Herbaliser ) et moi je suis plutot house. On évolue naturellement dans tous ces environnements, c’est cette complémentarité qui nous permet de créer ce son hybride .
Tu travailles beaucoup avec Paul Seiji sur les projets Bugz In The Attic et Afronaught...
C’est vrai , on bosse souvent ensemble. Paul a un tel potentiel qu’il explose dans toutes les directions. Quant à Afronaughts, c’est en réalité mon projet personnel sur lequel il effectue quelques programmations.
Véritable pierre angulaire du genre speed jazz affectionné par Carl Craig , Mustang et Ian Simmonds, ton maxi sidéral sorti sur R&S en 98 est passé relativement inaperçu. As-tu d’autres projets dans cette voie ?
A fond ! Tu sais qu’avec Phil Asher , Alex Attias , Seiji , Dominic Jacobson (Modaji) , Ian O’ Brien, Ian Simmonds et d’autres encore inconnus on explore intensément ce style pour l’amener au stade supérieur... ça va exploser dans tous les sens ! De mon coté je prépare l’album d’Afronaughts pour Satori , nouveau sous-label breakbeat de R&S. D’ailleurs je suis en retard , il va falloir que je m’y mette sérieusement...
Il y a un bon buzz sur l’album de Neonphusion, pourquoi a-t-il mis si longtemps à sortir ?
Ca fait à peu près dix mois qu’on l’a donné à Chris Flemming , boss de Laws of motion records parce qu’à nos yeux il représente ce qui se faisait de mieux en matière de nu jazz à Londres. Franchement, je ne sais pas ce qui s’est passé pour que ça sorte aussi tard , mais ce n’est pas très grave dans la mesure où il semble très bien se vendre. De toute façons on continue à produire ensemble et chacun de notre coté et Chris négocie actuellement pour obtenir des remixes des Masters At Work et de Sandy Rivera des Kings Of Tomorrow. Le label va lacher bombe sur bombe. La prochaine sera un remix d’”Electric Lady” de Neonphusion par King Britt suivie d’un truc de dingue entre electro et ragga-dancehall .
Préparez-vous un live de Neonphusion ?
Pour l’instant, à part Kaidi qui joue avec Herbaliser, nous sommes tous des musiciens de studio. On a pas encore fait de concerts mais ça ne va pas tarder. En fait on bosse dessus d’arrache pied en ce moment et on fonde de grand espoirs dans cette expérience. Ce sera une formation énorme réunissant six ou sept instruments parmi lequels plusieurs claviers, un batteur, un bassiste, un flutiste, des chanteurs et chanteuses... la totale ! On va l’inaugurer dans le cadre d’ une soirée organisée par Gilles Peterson à la Fabric de Londres avant de partir en tournée. Nous vivons une période si palpitante. C’est le bon moment pour se lancer ...
Irie
|