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C’est l’été indien alors on joue les prolongations. On a adoré Boozoo Bajou pour leur hit amazonien, moins pour leur album « Satta », vite blasant. Symptomatique d’une époque qui a remis au gout du jour une certaine idée de l’esay listening, le duo originaire de Nuremberg (tout comme leur sympathique label, Stereo Deluxe) Boozoo Bajou travaille la fibre fusionnelle, dubby, latine, mais pratique des fois une musique un peu trop avenante. Enfin, les goûts et les couleurs, ça se discute, alors voilà ce qu’on en dit.
Quels sont vos backgrounds respectifs et comment se répartissent les rôles ?
Nous sommes tous deux musiciens et jouions dans différents groupes avant de nous rencontrer. Bien que nous n’ayons pas les mêmes idées sur la musique, chacun de nous avait envie de confronter des atmosphères deep et roots aux nouveaux sons et instruments d’aujourd’hui tout en ayant recours aux techniques modernes de studio. On joue et programme ce qui constituera une bibliothèque sonore, puis le mixe de différentes manières. Le fait d’être deux permet de demeurer objectif et sortir parfois de toute cette jungle technologique.
Quel type d’herbe fumiez-vous à Manaus ?
De la bonne sensi d’Afrique de l’Ouest… Mais d’habitude nous préférons notre bonne vieille bière locale !
Où avez-vous appris le patois jamaïcain ?
Sur les notes de pochettes de reggae et les cassettes de sound systems (rires).
Pensez-vous que la scène lounge soit une réelle alternative à la domination du 4/4 ou bien est-elle un réel mode de vie ?
La scène lounge est un melting-pot de gens avec des backgrounds musicaux différents, ce que nous apprécions vraiment, tout en demeurant le plus libre possible. Le prochain album sera peut être totalement différent. Le temps nous le dira. Quoiqu’il en soit, le lounge signifie simplement être dans une disposition plus relaxante que dans une discothèque, là où le boom boom règne. Notre musique n’est pas vraiment calibrée pour la piste même si certains titres y tournent quand même.
Comment expliquez-vous les couleurs dub et jazz qui dominent dans les scènes downtempo allemandes et autrichiennes ?
Cela doit découler de la mentalité, nous ne savons pas, sans doute les gens s’accordent-ils plus de temps et de passion pour de la musique profonde et calme.
Quelle idée vous faites-vous de la southern music ?
Nous avons des influences de black music mais au final ce n’est pas de l’authentique afro, latin ou du reggae. On ne revendique pas ça, le tourisme musical.
De qui vous sentez-vous les plus proches ?
Des gens tels que Howling Wolf, John Lee Hooker, Wayne Shorter, King Tubby, The Meters, Dr John…
Pourquoi votre album ne compte-t-il pas plus de nouveaux morceaux que ceux déjà édités en maxis ou sur des compilations ?
Sûr que certains djs vont être déçus mais d’un autre côté, il y aura plein d’autres gens qui vont écouter « Satta » qui n’auront jamais rien entendu de nous, et ces morceaux nous appartiennent quoiqu’il en soit. Et puis ils fonctionnent tous assez bien dans le concept d’ensemble de « Satta », tu ne trouves pas ? Tout le monde nous a dit de remettre nos anciens morceaux dans l’album, et cela nous aurait pris beaucoup trop de temps d’en faire de nouveaux. Cela nous prend de deux à trois mois pour finir un morceau, car nous ne pouvons pas nous permettre de travailler en permanence pour Boozoo Bajou, et pour nous c’est déjà une belle consécration que d’avoir fait cet album.
Avez-vous prévu de développer une formule live ?
En fait nous avons déjà eu l’occasion de faire des sets live par le passé. C’était bien mais sans plus ! J’aime beaucoup l’idée de jouer notre musique en live, étant batteur dans différents formations soul funk et des groupes de jazz de manière professionnelle, ce qui m’a permis de gagner ma vie sur les 17 dernières années. Donc mon premier objectif était de faire Boozoo Bajou avec un véritable groupe mais à ce stade je dirai que c’est très hard à faire ! Jouer sur un mode cool avec des musiciens suppose qu’ils vont avoir envie de montrer leur dextérité sans quoi ça risque de les rendre nerveux et ne voudront pas se tenir à un simple south-bavarian-acid-jazz-funk-band. Nous pensons qu’il est délicat de restituer sur scène la légèreté (Peter emploie le terme easyness, ndr) de « Satta » sur scène mais nous continuons de chercher des musiciens pour évoluer vers quelque chose de différent avec des visuels.
Que se passe-t-il après « Satta » ?
Travailler sur l’album de Trio Electrico , faire quelques remixes et composer de nouveaux matériaux pour Boozoo Bajou.
Franck Mayhem
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