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Saint Quentin dans l’Aisne, bled pommé au milieu de nulle part (dixit le riverain David Duriez), n’est pas Miami. C’est pourtant de là qu’est parti le label Brique Rouge, drivé de mains de maître par David et Ludovic Llorca. Si ce dernier a conçu un joli album deep house sur F Com (« Newcomer »), le premier n’est pas en reste : « Do It As : Brique Rouge », compil mixée – par eux deux – de leur label, et un autre Cd mixé, « David Duriez Rocks Da House ! ». En plus de cela, David concocte en ce moment même son premier album pour 20 : 20 Vision, dans un registre tech house clubby et monstrueuse, dont il constitue la plus solide branche française. Il a aussi contribué à d’autres labels français et américains (comme After Hours à Chicago) de dance music moderne et tourne de plus en plus. Une raison s’il en fallait une d’aller à sa rencontre.
Saint Quentin dans l’Aisne, ça laisse rêveur.
C’est là que j’habitais. J’ai déménagé à Paris que depuis six mois, mais il y avait de bons côtés.
Ca a pas l’air d’être évident de venir de là et de se faire sa place dans le clubbing mondial, par nature sectaire ?
Ca n’a pas été évident. J’ai beaucoup misé sur internet et les forums de discussion pour me faire des contacts. Du b 2 B avant l’heure ! Il y a encore plein de gens avec qui je travaille et que je n’ai jamais rencontré.
Tu es un fana du web paraît-il ?
Le mail est sacrément pratique. Et on avait monté le site Brique Rouge en 97, ça a aidé à nous faire connaître, Ludo et moi. Ouais, acheter un modem et me connecter c’est même la meilleure chose que j’aie jamais faite !
On a l’impression que vous avez chacun un rôle bien précis au sein du label : toi le côté ruff, Ludovic le côté tendre.
Oui, sauf que j’ai aussi une face tendre et Ludo une face dure. Pour le moment ça se voit moins.
Racontes nous comment vous vous êtes retrouvé à faire de la house là haut ?
C’est une longue histoire. En résumé, on a commencé à tripatouiller des sons à l’ordinateur, d’abord sur Commodore 64, ensuite sur Amiga 500 avec un peu de sampling. Je détestais la techno, mais au fur et à mesure, les boites belges et USA Imports aidant, j’ai fini par sortir de la house sur Apricot. Ludo a connu un peu le même chemin et s’est retrouvé signé sur F Com il y a un moment, pour faire son album.
On te demande plus de productions à l’étranger qu’ici. Que penses-tu de la France intra muros ?
Disons qu’à un moment, après 14 maxis, j’ai l’impression qu’on voit que je suis là. Le fait de sortir un maxi sur un label anglais comme 20 : 20 Vision change radicalement l’accueil des Français. Mais maintenant les choses vont pour le mieux.
Comment vous êtes vous organisés pour mixer à deux « Do It As : Brique Rouge » ?
On a regardé tout ce qu’on avait sorti, ce qu’on allait sortir aussi parce qu’on y a glissé deux trois inédits, et on a pas trouvé de ligne directrice. Devait-on mettre que des trucs ‘jouables’ au risque de sonner trop dancefloor ? Finalement, on a décidé de faire un mix plutôt progressif, avec un tempo qui change, pour représenter tout ce qu’on a voulu faire. C’est l’aboutissement de deux ans de travail.
Il y a également une partie CD Rom.
C’est Magix, la boite qui a licencié la compile qui nous l’a proposé. C’est une partie interactive qui nous plaît bien parce qu’on est plutôt partageurs.
Qui citerais-tu comme grosses influences ?
DJ Pierre sauf les trucs récents. Sneak. Jori Hulkonnen. Je sais pas il y a tellement de bons !
Toi qui pratiques assidûment la club music, que penses tu en passant de l’album des Daft Punks ?
J’aime pas du tout. C’est considéré comme de la house mais assimilable à de la dance, je veux dire de l’eurodance. J’ai vraiment le sentiment, et depuis assez longtemps, que finalement ce n’est pas la même musique qu’on fait, ce n’est pas le même but.
Gregory Papin
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