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Fils de Michel, Olivier Portal a été formé à l’école du jazz. Une école humaniste qui l’a mené à jouer du clavier sur de la house music, devant plein de gens qui kiffent. Plusieurs de leurs concerts ont ainsi séduit un auditoire pas toujours préparé à ça. En plus, quelques Eps épars sur Straight Up et ailleurs (récemment Maine recordings) ont fini de nous convaincre : la bonne humeur n’est pas exempte de la dance music. Plutôt que de sous peser les arguments pour de longs commentaires, parlons franco avec Olivier, un garçon sage et altruiste, dans un café, à proximité de chez son inséparable compère Bettino, vendeur de oldies et de goodies funky.
« 8 Urban Soundtracks » est paru ce printemps. Super bon timing.
Oui je suis assez content de ce recueil. Il fallait sortir un double pack, passer du temps en studio, parce qu’on arrêtait pas de bouger à droite à gauche depuis un an et demi. On ne pensait plus qu’à la scène ! C’est pour ça que c’est un double pack, comme un mini album.
Est ce le live qui donne les morceaux ?
Des fois non. C’est arrivé quelquefois.
Playin’ 4 The City, c’est une formation ou c’est juste toi ?
Ce n’est pas un groupe. J’ai pris un pseudo parce que mon père faisant déjà de la musique, je ne voulais pas me retrouver cataloguer fils de machin. Avec Bettino, on aime faire les choses tranquilles. On a monté Straight Up dans cet esprit là. C’etait bien pendant deux ans, mais le groupe c’est fini. J’ai envie de me retrouver seul ?
Euh, répète ?
Oui, je veux repartir sur autre chose. On a beaucoup progressé et puis un jour c’est devenu la routine. Oui, trop routinier.
La résidence à Chicago trop routinière ?
C’est formidable d’avoir été résidents à Chicago, mais au bout d’un an et demi, on ne se voyait que pour les concerts. Chacun a des projets de son côté. Karl (the Voice, ndr) fait son album solo. On reste amis.
L’impro, la magie du live avait disparu ?
Ca me plaisait pour ce côté freestyle pas pour rejouer les mêmes choses.
Qu’est ce que tu vas faire alors ?
Revenir à mon état de producteur. Recycler mon amour viscéral pour la soul et le jazz, dans de la musique pas si électronique que ça. Je suis plus fan de soul que de garage.
Attention, tu vas finir par faire du broken beat !
C’est une bonne influence, des gens qui partagent plus ou moins une attirance pour certaines musiques. Je me reconnais plus là dedans que dans les Masters At Work, parce qu’il y a moins de limites. Mais je voulais ajouter qu’on s’en fout le nom que ça porte : ce qui est vraiment important, c’est que la famille s’agrandit. Les gens sont fans de musique plurielle aujourd’hui, c’est ce que je trouve super positif.
Ca veut dire arrêter la deep house ?
J’ai pas l’impression de me cantonner à la deep house. Blaze c’est pas du garage c’est de la musique.
Sur « 8 Urban Soundtracks » il y a un titre presque techno d’ailleurs.
Oui, « Nordic Trak » qu’il s’appelle. Je vais essayer de nouvelles choses.
C’est bien mais en même temps c’est con on avait plein de questions sur l’état de la deep house en France.
Je suis juste moins motivé pour faire partie d’un ensemble. La scène se referme sur elle même ce qui empêche les individualités de ressortir. Je me sens pas complètement à ma place, je suis plus intéressé par la fusion que la musique de djs.
Dis nous juste si ce sera des chansons.
Je veux faire des chansons, parce que j’adore les voix, l’émotion qu’elles portent, mais reste à trouver une bonne alchimie. Mais je suis bien : j’ai carte blanche.
Gregory Papin
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