Plus d'infos sur cet artiste
 
Chronique de "Code 4109"
Chronique de "Zen"

http://www.mmjp.or.jp/sus
/djkrE1.htm

La page de DJ Krush.


Toutes les interviews
 
    A Guy Called Gerald
    A Reminiscent Drive
    Alex Attias
    Amon Tobin
    Anne Laplantine
    As One
    Atjazz
    Boozoo Bajou
    Bougie Soliterre
    Broadcast
    Bruno (Naked Music)
    Burnt Friedman
    Charles Webster
new
    Chateau Flight
    Coldcut
    Cosmo Vitelli
    Cristian Vogel
    Daft Punk
    Daniel Bell
    David Blot
    David Duriez
    David Mancuso
    Demon
    Derrick Carter
    Dimitri from Paris
    DJ Deeon
    DJ Food
    DJ Grégory
    DJ Hell
new
    DJ Krush
    DJ Mehdi
    DJ Q
    Doctor L
    Dzihan & Kamien
    Etienne de Crécy
    Eva Gardner
    Fauna Flash
    Fink
    Freaks
    Frederic Galliano
    Funk D’Void
    Funkstörung
    Gilles Peterson
    Gonzales
    Hefner
    Herbert
    Hexstatic
    Howie B
    I Cube
    IG Culture
    Isolée
    Ivan Smagghe
    Jack de Marseille
    Jazzanova
new
    Jazzy Jeff
new
    Jef K
    Jeff Mills
    Jérome Pacman
    Jérome Sydenham
    Joakim Lone Octet
    Joe Claussell
    John Thomas
    Juryman
    Kerri Chandler
    Kid Koala
    Kings Of Tomorrow
    Kutmasta Kurt
    Le Tone
    Leila
    Les Gammas
    London Elektricity
    Losoul
    Luke Vibert
    Markus Nikolai
    Masters At Work
new
    Maurice Fulton
new
    Mel Cheren
    Metro Area
new
    Mira Calix
    MJ Cole
    Modaji
    Neon Phusion
    Neptunes
new
    Nubian Mindz
    Only Child
    Osunlade
    P'taah
    Palm Skin Productions
    Phil Asher
    Photek
    Plastikman
    Playin' 4 The City
    Pole
    Rae & Christian
    Rasoul
    Reprazent
    Richard Dormeister
    Romanthony
    Saint Germain
    Scanner
    Seiji
    Slum Village
    Snooze
    Soldiers of Twilight
    Soul Designer
new
    Spacek
    Stephan Grieder
    Tasho (Panhandle)
    The Hacker
    The Micronauts
    Thievery Corporation
    Tipper
    Troublemakers
    Ursula Rucker
    William Orbit
    Wookie
    Zend Avesta
    Zero DB
new

Les interviews par style
 
    Electro-soul (37)
    Electronica (14)
    Garage (7)
    Hip-hop (8)
    House (27)
    Jungle (4)
    Old school (9)
    Techno (12)

Envie de poser des questions aux artistes que nous interviewons ? Envoyez-nous vos questions par email et nous les leur poserons pour vous. Les prochains rendez vous sont fixés avec King Britt, Tom Middleton, Metamatics, Rainer Trüby, DJ Rush, DJ Assault, Cinematic Orchestra, Schatrax, Ursula Rucker, Moodyman, Derrick May, DJ Garth ...
 
Metro Area
Neptunes
Jazzy Jeff
Masters At Work
Charles Webster
Jazzanova
Soul Designer
Pour consulter nos interviews de la semaine, cliquez sur les vignettes ci-dessus. Obtenez les noms des artistes interviewés sans cliquer en laissant le curseur de la souris sur la vignette et consultez nos archives en bas de page.
 
 
 
Sorry, your browser doesn't support Java.  DJ Krush
 
"Sans vouloir être chauvin, c'est bon que les gens achètent du ‘made in Japan’ culturel. On ne fabrique pas que de l’électroménager !"
   

Hideaki Ishii a quitté les yakuzas (la mafia nippone) qu’il fréquentait dans sa prime jeunesse, et sans se faire couper les doigts. Heureusement, car ceux ci allaient devenir son instrument de travail. Il a trouvé dans le rap, en regardant « Wildstyle », le légendaire film de b boys des années 80, une bonne façon de les exploiter. Après avoir été l’un des instigateurs de la scène hip hop à Tokyo, il prit le risque, parce que ce fut un risque, de signer un album solo abolument lunaire sur un label situé aux antipodes, à Londres. Ce fut l’instrumental « Striclty Turntablized » sur Mo Wax et ça s’est vite avéré payant. Remettant en question quelques rouages bien arrêtés du rap, revenant à une certaine forme de poésie, sa musique allait se propager en Europe comme aux Etats Unis, où il allait croiser le chemin de rappers comme CL Smooth ou Black Thought, le vocaliste des Roots qui est allé jusqu’à lui commander le son de son nouveau single « Hardware ». Depuis, il fait des aller retours entre deux sphères pas si distinctes que ça. Ses disques s’étalonnent entre passages rap coriaces (« Meiso », « Milight »), et des plages plus inclassables entre turntablism jazz et sonorités virulentes (le mix extraordinaire « Code 4109 »). Ce qui s’entend encore sur ce nouvel album, « Zen », pas vraiment plus posé : on y croise les flows carbonisés de Company Flow ou le percussionniste nigérian Tunde Ayanyemi pour un titre des plus barrés. Un LP un peu décevant où il semble s’être volontairement réfréner. Même expérimentale, sa musique ne s’éloigne pourtant jamais très loin des rivages du hip hop. Du passe passe d’atmosphères au passe passe des questions réponses, il n’y avait qu’un pas à faire. On est donc allé récolter ses commentaires lors de son récent passage à la Maroquinerie, où les gens applaudissaient entre deux disques, pour une conversation en version originale.
 
Par rapport à « Kakusei », on dirait que « Zen » représente un retour aux sources ?
Disons que sur « Kakusei », je faisais ma musique avec un microscope, alors que là, je produis en panoramique. Je voulais un son plus ample. Il y a aussi plus de titres vocaux que sur le précédent.

C’est comme ça dans toute ta discographie : on a l’impression que chaque album est en réaction au précédent.
C’est vrai que sur beaucoup de points « Zen » ressemble à « Milight ». Mais c’est inconscient. Je ne me suis pas dit que j’allais essayer de vendre plus en faisant appel à des rappers : je n’ai jamais fait de musique comme ça. Mais je ne tourne pas en rond non plus. J’ai l’impression que c’est un cercle qui s’élargit à chaque disque, donc je ne reviens pas en arrière. Ce serait plus une spirale. Quand je compose un son pour un rapper, je me nourris de ce que je fais à côté, et vice versa.

Là c’est un retour au rap !
Dès lors que tu inclues des voix, c’est une toute autre manière de concevoir un morceau. Il faut faire plus simple. Mais je ne pense pas avoir produit des morceaux de rap très classiques.

Ca fait une différence de faire un titre vocal pour ton album ou pour quelqu’un d’autre, comme « Hardware » pour Black Thought ?
J’ai accepté avec plaisir son invitation. Avec Black Thought, c’est une vibe réciproque. Je ressens pas tellement de différences. Je crois qu’il faut connaître ses limites, pour que ça reste efficace.

Tu as reçu d’autres propositions dans ce sens ?
Quelques-unes, mais pour l’instant je n’ai rien à annoncer. Il s’agit plus de titres isolés, pas des albums entiers. Je considère que j’ai plein de choses à apprendre avant de prétendre à ça.

Lors de ton passage aux Transmusicales de Rennes, tu as joué à deux heures du matin sans que les gens ne dansent, sans qu’ils ne quittent le salle. On aurait dit qu’ils étaient hypnotisés. C’est le genre de réaction que tu attends du public ?
Faire danser, je l’ai fait longtemps au Japon en étant DJ résident dans des boites. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, a fortiori devant un public dont je ne sais rien, c’est la manière dont je vais pouvoir les contaminer mais sans m’imposer à eux. Je réfléchis beaucoup avant de poser mon premier disque : c’est l’instant crucial. Qu’importe après qui je suis programmé, il faut toujours que je fasse redescendre les gens avant de repartir. Et pour répondre à ta question, cette ambiance un peu solennelle ne me dérange pas.

Tu as aussi une façon de caler des thèmes jazz incalables sur du hip hop carré. Tu prépares en avance ces passages particuliers ?
Non, j’essaye de ne jamais refaire en live le même enchaînement. Maintenant seuls quelques disques de jazz se prêtent à ce type de mix.

Tu es pourtant plus producteur que DJ finalement.
Certainement.

Si je te donne un son, n’importe quoi, penses-tu que tu puisses en faire quelquechose ?
Lorsque j’ai eu mon premier sampler, je faisais ce genre d’expériences avec un ami. On allait enregistrer quelques minutes au hasard dans la rue, et on redécoupait les sons pour en faire quelquechose. J’ai toujours été obsédé par des sons étranges, et je cherche encore des sons uniques très souvent.

Tu t’impliques énormément dans un collectif de DJs japonais, Ryu. Tu as toujours soutenu la scène rap locale : comment ça se passe là bas ?
Très bien. Avec Ryu, on a décidé de retarder notre album ensemble. Je veux que les autres membres puissent d’abord s’exprimer en solo, faire leur propre truc, avant qu’on s’y mette. C’est le conseil que je donne à tous, rappers et djs : n’imitez surtout pas. Il ne s’agit pas que de scratcher, un bon dj doit avant tout savoir écouter. Pour ce qui est des rappers japonais, il y a la barrière du langage mais dans les circuits indépendants certains disques sont trouvables. Je me sens investi d’une responsabilité envers eux. Ca me fait plaisir qu’on me pose la question, parce que je dois les représenter à l’étranger.

Tu composes sur des périodes précises ou un peu tout le temps ?
Je travaille un peu en permanence, sur plein de titres à la fois, et je ne sais pas comment mais je dois toujours finir dans l’urgence, quelques jours avant la deadline. Je passe beaucoup de temps à me promener avec ma fille. C’est là que je me rends compte la chance d’exercer un métier qu’on aime et qui laisse du temps libre.

Faut savoir profiter de la vie. Toute autre chose : apprécies-tu le travail de cinéastes japonais, comme Takeshi Kitano, qui dépeint souvent la vie des yakuzas ?
J’admire Takeshi Kitano. C’est une star au Japon. Comme tu le dis, il dépeint avec réalisme les mœurs des yakuzas, mais savez vous en France qu’il a commencé comme comique ? C’est un type plein de décalages, un déconneur qui a une excellente réputation internationale. Sans vouloir être chauvin, c'est bon que les gens achètent du ‘made in Japan’ culturel. On ne fabrique pas que de l’électroménager !

Gregory Papin


actU mUzik     cOntact Ecouter un mix en real audio de I:Cube aIde English