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« Going Mobile » est sorti il y a quelques mois maintenant mais ça n’a strictement aucune importance. Si on connaît le parcours type du repêché de la variété, Dominique Dalcan, alias Snooze, n’a rien du parachuté en quête d’un nouveau public. A charge, on peut avancer que son premier album n’a pas, au bout de trois ans, laissé de traces indélébiles. Mais cette fois avec le très anglo saxon et hétéroclite « Going Mobile », il s’inscrirait plutôt dans la lame de fond electro soul. On aime chez lui ses titres humoristiques et son talent de mélodiste indéniable, qui ne délaisse pas pour autant un massage des sons en conséquence à la post production, comme sur « Snooze For Beginners ». En fait « Going Mobile » dévoile une meilleure connaissance de la mécanique électronique que son précédent essai, notamment sur les rythmiques, qui deviennent parfois des mirages sous les coups de butoir du filtre (le très profond « It’s More Expensive For This » mais on le prend quand même). Ou le choix de ses remixeurs, qu’il fait lui même. La présence de chanteuses différentes sur presque chaque morceau (notre préférée étant l’exquise Deborah Brown sur « Quiet Alone ») renforce le côté freestyle du projet, même si, finalement, sa musique ne tient pas ses promesses sur chaque plage. Ce que l’on méditait en entrant dans le café Beaubourg pour aller à sa rencontre.
Domnique, le premier truc qui titille en ouvrant ton disque, ce sont les titres.
Oui, sur les interludes notamment, ce sont des blagues. C’est mon côté entertainment américain qui ressort. En même temps ils veulent dire quelquechose. « Success for the Ladies », c’est la légèreté qu’on trouve pas forcément…J’ai pris le temps pour en décider.
Parles nous de ce côté entertainment.
Sur le premier album, il y avait un trip espionnage, et sur celui là, je crois que j’ai voulu mettre plus de contrastes, pas seulement ce côté entertainment. Il ne résume pas tout. En même temps, j’ai plus de recul.
Pourquoi ce choix d’une prod si limpide ?
Ah ! Je sais pas trop quoi répondre. Ce sont des considérations esthétiques propres à chacun. Déjà il faut essayer de rendre le groupe de morceaux homogène. J’espère y être arrivé. Et puis c’est un disque assez domestique malgré tout.
Ouais on a l’impression que tu t’arrêtes aux limites de la piste de danse.
T’as aussi des trucs comme « Beat Box Business » qui me semblent dansants. Mais qu’ils soient softs ou durs, je veux d’abord qu’on les écoute. Je n’ai jamais eu la prétention de rivaliser avec les maîtres du dancefloor. Je me suis plus dit : je vais raconter mes histoires. A un moment donné tu dois affronter ta singularité. Et bon je pense qu’il y a des trucs un peu litigieux sur l’album.
Tu as choisi de travailler avec des chanteuses américaines.
Evidemment. Le disque sort dans plein de pays, je veux pas me retrouver qu’avec les trois pays francophones. Je connais ça. Je trouve ça superclasse de voir dans ton disque dans un magasin branché à New York. Tu te promènes, tu vois ton disque !
La promenade, « Going Mobile » ?
C’est un truc sur la séduction. Ca vient d’un opéra de Mozart qui disait que les femmes étaient mobiles. Et je crois que « Going Mobile » est même un disque à séduction en fait.
Dalcan et Snooze c’est Jekyll & Hyde ?
Non. Je fais ça depuis toujours. Mon premier album de chansons, sorti en 91, contenait déjà un tas de programmations, un mélange d’acoustique et d’électronique. De disque en disque la palette de couleurs évolue. Mais sur le fond, c’est la même chose. Ca vient de la musique que j’écoutais ado, des trucs pop très harmoniques et les premiers trucs d’electro. Et j’ai toujours été en solo, je ne trouvais pas les gens qui avaient les mêmes envies.
Une question satrienne : tu es né mélodiste ou c’est arrivé ensuite ?
C’est les choses que j’entends. Je suis autodidacte, donc la musique reste une chose assez intuitive.
J’en reviens aux titres : ils coïncident avec des événements vécus ?
Quelquefois. Ce sont des choses très personnelles en général. Mais qui peuvent être légères. Par exemple, « Minnesota Mantalo » est venu d’une affiche des années 50, une publicité. Les gens découvraient le sirop de menthe. La voix dit que dans le Minnesota les gens boivent de la menthe à l’eau en mangeant des frites. J’aime pas du tout en terme culinaire associer le sucré et le salé. Un autre titre est venu du T Rex, un Polaroïd qu’on m’a offert, qui a une machinerie rythmique incroyable. J’ai tout fait à partir de ça.
Snooze en live, ce serait comment ?
J’aimerais bien. Je m’y intéresse de près, mais il y a d’abord une dissuasion économique non négligeable. Et puis au delà de ça faut être pertinent. Tourner un potentiomètre n’est pas live. C’est pas la vie. La vie est dans le poignet, la rotation de l’index, ou un mouvement de fader ? C’est pas terrible sur le plan du spectacle. Ca demande encore une petite réflexion sur ce que l’on peut présenter. Mais même si je reste dubitatif, je crois qu’il est possible de trouver une troisième voie entre le concert rock et le dee jaying.
Gregory Papin
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