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Monolake
Cinemascope
ML/I
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On a souvent tendance à penser que les artistes comme Monolake se satisfont de sortir des albums homogènes, presque anonymes, tant ils se ressemblent les uns aux autres. Pourtant, après "Gravity", et avec son nouvel album "Cinémascope", annoncé pour la fin du mois d'Octobre, on ne peut que s'étonner de voir comment Robert Henke, arrive une fois de plus, à développer et à perfectionner le concept de "Minimal Music" tout en y accommodant des atmosphères vaporeuses, fluidiques, qui transparaissent à l'écoute de l'album. Composée de 10 titres aux noms plus ou moins évocateurs (bicom - Television tower), l'oeuvre de Robert Henke est magistrale, douce comme du sirop d'érable, et agréablement divertissante. Si le premier morceau plante une atmosphère de bruit parasité par le silence, "Bicom" se contente de chavirer le rythme sur un tempo lent, où les sons rappelant des gorges froides en souffrance, se préparent à cajoler le troisieme titre : "Cubicle". "Cubicle" est reposant, frais, et lorsque les yeux se ferment, on s'imagine jouer sur le sol d'un long couloir avec du verre brisé, sentant ici et là le souffle du vent adoucir la structure harmonique. "Ping" est glacial, libre comme une bactérie, allant et venant, hypnotique. "Ionized" (11mn 18) quant à lui redevient plus sombre, chirurgical, mystérieux, emblématique de ce que sait très bien faire l'artiste Henke. Même si "Remoteable" n'est pas aussi éloquent que les autres morceaux, il entraine et nous prépare à "Television Tower", 7ème oeuvre à la rythmique courante, rattrappant ici et là les mélodies légères, délayées comme sur le fameux "face it" de Sven Vath (Fusion). "cut" exprime volontiers les déchirements acoustisques d'une oeuvre minimale (à la facon d'un Vladislav Delay), et le morceau "Alpenrausch", est quant à lui, plus funky, mélangeant les voix comme d'autres mélangent les styles, et se classerait aisément dans ces rangements bancals si plaisants que sont les productions "Warpiennes", "Rephlexiennes", ou "Merckiennes". Enfin, "Indigo" reste plus organique, comme si cette fois, l'auditeur se trouvait transporté dans le tuyau d'une baignoire où les gouttes d'eau tomberaient à l'envers, et flotteraient. On le voit, les concepts recherchés semblent être atteinds avec une grâce et une infinie douceur. Cinémascope va au-delà de la séduction, il nous projette sur une pellicule nouvelle du minimalisme ambiant. Hervé Scialdo
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