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Reprazent
In The Mode
Talkin Loud
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Gilles Peterson confiait il y a six mois que le Reprazent numéro deux serait probablement le projet dont il serait le plus fier. Cheval de Troie de Talkin Loud pour pénétrer l’arène de la musique de stades, ce deuxième épisode de la saga de la bande à Roni Size laisse sur sa faim. Disons qu’il y a à boire et à manger, mais pas pour tout le monde. Alors que « New Forms » est un chef d’œuvre inusable de jungle à dominante soul / jazz, « In the Mode » est un album très rock n roll, malgré la présence d’illustres stars de la scène rap américaine, et du flow dynamique du MC attitré du crew, Dynamite, qui les met d’ailleurs à l’amende. La moindre des choses, c’est de leur reconnaître un changement de cap. Mais dans quel sens. Cet argument ne réfute pas la perte d’imagination. Beaucoup plus facile à consommer que son prédécesseur, cet album souligne la crise de la drum & bass, engoncée dans ses codes étriqués et l’impasse artistique qui en résulte. Le ton est donné dès l’ouverture avec la reprise de « Railing », les cordes héroïques – qui rappellent les prods de la bande sur leur label Dope Dragon – annonçant la suite en grandes pompes. De cet album, on retiendra donc les choses suivantes : les basses spongieuses et l’invasion de bongos de « In & Out », la sonorité psychotique du heavy roller « Mexican », la nouvelle version dissolue de leur fameuse dubplate « System Check », le chassé croisé de Dynamite et de la chanteuse Onallee sur l’efficient « Snapshot », et la nouvelle prouesse vocale – faire du tech step avec la bouche, personne n’avait vraiment essayé - , de Rahzel, qui représente pour les States sur le brillant interlude « In Tune With The Sound ». Le flow de Method Man sur « Ghetto Celebrity » est maladroit, ce qui est quand même un comble. Le titre rappelle quand même l’ère jump up 96 et la dernière trace de présence féminine sur la piste, mais sans grande conviction. Zach de la Rocha, le gars de Rage Against the Machine, se rend au « Center of the Storm » comme à la tribune, pour scander, plutôt bien, son discours. Bref, tout ça manque un peu de respirations… On a plus qu’à espérer pour eux qu'il ne s'agira pas une énième catastrophe industrielle. Gregory Papin
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