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Photek
Solaris
Science
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La polyvalence est salutaire pour certains artistes, et surtout pour les junglists, puisque ‘leur’ musique est avant tout un résultat du grand métissage sonore et culturel. Après sa carrière fulgurante dans la drum & bass, Photek explore ici une veine plus empreinte de sensationnalisme, sorte d’illustration de la vie facile au dessus de la Méditerranée. La pression ne baisse pas d’un cran cependant, même si elle se manifeste dans un tout autre décor. De la course poursuite insaisissable « Terminus » aux accords plaqués sans le moindre beat à l’horizon de « Under the Palms », il offre un album palpitant, nettement plus attractif que le précédent, « Modus Operandi ». Axé sur les dynamiques sonores, donc nourri au son des clubs et des mélodies en altitude. Il cite Brett Easton Ellis (la tek nocturne de « Glamourama » avec des spoken words en italien, la classe quoi) ou repeint les murs de la ville au son de « Junk », mitraille rythmique affranchie et compressée. Il invite aussi Robert Owens, le chanteur garage de Chicago qui fit les grandes heures de Finger Inc, pour deux titres qui versent dans la luxure (l’énorme bassline de l’américanisé « Mine to Give » et l’electro tropicale de « Can’t Come Down »). Il ne signe qu’un seul morceau drum & bass, « Infinity », joute de drumz en phase avec les codes de la jungle millénariste, mais avec des techniques de découpage et un esprit old school qui font toujours leurs preuves. Enfin, il joue la carte de la décontraction avec finesse dans l’atmosphérique « Solaris » ou le downtempo détaché « Halogen ». La production, très haut de gamme, rend cet ensemble versatile très compact. « Solaris » est un disque exotique, sulfureux et surtout substantiel. On en attendait autant de lui. Gregory Papin
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