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Cristian Vogel
Rescate 137
Novamute
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Soyons sales. On voudrait résumer ce disque qu’on ne s’y prendrait pas autrement. A la base, Cristian Vogel est un producteur de techno efficace et assez savant. Mais le bonhomme a du mal à contenir son côté trash qui, au vu de ses derniers projets (notamment Super_Collider avec un autre déjanté notoire, Jamie Lidell, qui sort aussi un album), refait inéluctablement surface. Alors c’est l’effusion : les sons saignent (on jurerait une scie musicale qui vous découpe en morceaux sur « Crater 8 »), giclent (« Grainiak Burn »), bavent occasionnellement (comme la basse de « Me and My Shadow »), transpirent (« Esquina Del Sol »), et agissent sur le cerveau avec des pics de perversité ici et là (le moment où ça brûle sur « Wind From Nowhere »). Tant de mécaniques dégoulinantes peuvent naturellement heurté, voire même effrayé, les auditeurs puritains. Et il y en a. Elles terrassent en tout cas certains préjugés. La ‘musique techno’ n’est pas forcément linéaire, lisse et téméraire. Elle peut être décousue ou éruptive, et toujours technologique. Même outrageusement funky, comme sur « Whispaspank ». Comme la plupart des grands disques, cet album a une petite histoire. Revenu bronzé d’une destination lointaine vaguement hispanisante, où il s’était probablement égaré, quelques photographies de son ombre sur la plage dans un sac, Cristian Vogel a conçu « Rescate 137 » avant tout comme un voyage intérieur. Il a dessiné une carte de cet endroit perdu au dos de la pochette. Et s’est laissé aller. Le résultat est intense, risqué et quelquefois disproportionné. Une sorte d’œuvre de science fiction à caractère pornographique. Alors on va vous donner un conseil. Ne mettez pas « Rescate 137 » entre toutes les mains. C’est un disque de cochon comme on en avait besoin. Pas vrai chérie. Gregory Papin
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