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Amon Tobin
Supermodified
Ninja Tune
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Amon Tobin fait partie de cette école informelle -voire purement journalistique- de trafiquants musicaux comme Luke Vibert ou Dj Shadow qui s'appliquent à ne se servir que de samples. De ce choix découle une tendance commune que l'on pourrait qualifier de transtemporelle. Grâce à la technologie digitale, la musique d'Amon Tobin est une sorte de rencontre de sons non-contemporains et souvent antagonistes. Si l'on reconnaît facilement quel sample vient du jazz, lequel vient d'une bande originale, lequel vient du Brésil, il est pourtant impossible de déterminer une couleur unique dans chacun des morceaux qui constituent "Supermodified". C'est cet esprit versatile et capricieux qui font tout son charme. Les mélodies n'expriment pas ce que l'on aurait normalement attendu d'elles car elles sont parasitées par la basse ou la rythmique. A l'inverse, les beats drum'n'bass n'ont jamais l'impact classique qu'ils possèderaient sur un disque d'Ed Rush ou Matrix, car ils sont sans cesse infestés d'arrangements moelleux ou dramatiques. Le seul titre à peu près monochrome est "Precursor" avec le beatboxer Quadraceptor qui lache des salves salivaires jungle carrément fatales. Mais donc, en dehors de ça, "Supermodified" est un curieux ouvrage bourré de références anonymes et orphelines, de sons errants qui finissent par se rencontrer par la magie d'un bel arrangement ou d'un bon beat. Pouvant toucher un public allant du jazz au breakbeat en passant par le post-rock, Amon Tobin devrait avoir un avenir placé sous les meilleurs auspices. Etienne Menu
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